Trump conclut un méga-deal avec la Chine

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Donald Trump, en tournée asiatique pendant 12 jours, est arrivé en Chine mercredi pour une visite de moins de 48h. Il n'a toutefois pas perdu son temps, signant avec Pékin une moisson d'accords commerciaux à plus de 250 milliards de dollars.

C'est une vertigineuse moisson d'accords commerciaux - plus de 250 milliards de dollars - que Donald Trump, qui effectue une tournée asiatique de 12 jours, a conclu avec son homologue chinois ce jeudi. Ces accords concernent l'énergie, l'aéronautique, l'agroalimentaire ou l'électronique, et des géants américains comme Boeing , Caterpillar , General Electric ou Qualcomm .

"Qui peut reprocher à un pays de profiter d'un autre pays pour le bien de ses citoyens?"
Donald Trump

Tout sourire, Trump, qui avait fait de l'excédent commercial chinois l'un des boucs émissaires de sa campagne présidentielle, a assuré qu'il ne jetait pas la pierre à Pékin. "Qui peut reprocher à un pays de profiter d'un autre pays pour le bien de ses citoyens?" a-t-il lancé.

Pour autant, cette salve d'accords ne devrait rééquilibrer que marginalement le déficit commercial américain avec le géant asiatique (environ 350 milliards de dollars par an selon Washington), et ne change rien au protectionnisme chinois que dénonce Trump.

"Nous n'avons vu aucun accord sur l'accès au marché ou sur une ouverture accrue de la Chine aux investissements: or, c'est plus important pour les firmes américaines que de grands coups commerciaux uniques."
Christopher Balding
Professeur à l'Université de Pékin

Il a de nouveau dénoncé les transferts de technologies imposés aux firmes étrangères et les restrictions d'accès à de nombreux secteurs. En réponse, les Etats-Unis ont récemment imposé des droits antidumping sur l'aluminium chinois et enquêtent sur la politique de Pékin en matière de propriété intellectuelle.

"Rester grand ouvert, voilà notre stratégie de long terme", a rétorqué Xi Jinping devant une délégation d'hommes d'affaires américains. Mais sans qu'aucun progrès n'apparaisse sur ce terrain. "Nous n'avons vu aucun accord sur l'accès au marché ou sur une ouverture accrue de la Chine aux investissements: or, c'est plus important pour les firmes américaines que de grands coups commerciaux uniques", avertit Christopher Balding, professeur à l'Université de Pékin.

Une concrétisation très aléatoire

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Alors que cet avalanche d'accords a été qualifiée de "véritable miracle" par le ministre chinois du Commerce, Zhong Shan, en réalité, la plupart des annonces concernent des protocoles d'accord non contraignants et des lettres d'intention, plutôt que des contrats fermes. "Il est judicieux de se demander ce qui va réellement se concrétiser", indique Christopher Balding, pointant des annonces "vagues", voire des partenariats "de routine".

"Honnêtement, dans l'ensemble, ce que nous avons accompli jusqu'à présent (en matière commerciale) reste limité", a reconnu le secrétaire d'Etat Rex Tillerson, évoquant une situation "intenable".

Quelques exemples

  • A l'heure où Pékin s'efforce de diversifier ses approvisionnements d'hydrocarbures, trois organismes étatiques chinois ont conclu un accord pour exploiter du gaz naturel liquéfié en Alaska, avec jusqu'à 43 milliards de dollars d'investissements prévus.
  • Un accord a été conclu entre le fabricant américain d'engins de chantier Caterpillar et le mastodonte China Energy, portant sur des ventes d'équipements miniers, mais sans détail financier.
  • Le fabricant de semi-conducteurs Qualcomm a signé des protocoles d'accord avec trois producteurs de smartphones chinois, Xiaomi, Oppo et Vivo, assurant pouvoir leur vendre "environ 12 milliards de dollars" de puces en trois ans.
  • Boeing a signé un accord portant sur l'achat de 300 avions pour un prix catalogue de 37 milliards de dollars, sans préciser si toutes ces commandes étaient nouvelles.
  • Dans l'agroalimentaire, JD.com, spécialiste chinois de la vente en ligne, s'est engagé à acheter pour 2 milliards de dollars de produits aux Etats-Unis sur les trois prochaines années, dont 1,2 milliard de dollars de viande, notamment du boeuf du Montana.

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