Un 3e sommet intercoréen se prépare, sans les États-Unis

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Les dirigeants des deux Corées vont une nouvelle fois se rencontrer cette semaine. Outre les cérémonies en grandes pompes devant des milliers de nord-coréens, ils vont discuter pendant trois de projets concrets pour dénucléariser la péninsule.

Ce sera la troisième rencontre en moins de six mois. Le président sud-coréen Moon Jae-in est attendu ce mardi à Pyongyang pour rencontrer une nouvelle fois son homologue nord-coréen Kim Jong Un. L'objectif de ce nouveau sommet de trois jours est d'aider la Corée du Nord à concrétiser la dénucléarisation du pays.

Les dirigeants de Samsung, LG, SK, dans la délégation

L'héritier du géant sud-coréen Samsung et les dirigeants de plusieurs grands conglomérats accompagneront le président sud-coréen Moon Jae-in pour son sommet avec Kim Jong Un.

Les dirigeants de SK et LG figureront aussi dans la délégation officielle du président Moon, de même que Kim Yong-hwan, le vice-président de Hyundai Motor Group, un groupe dont le fondateur était un réfugié du Nord.

Hyun Jeong-eun, la présidente de Hyundai Group, une entité distincte, qui avait par le passé joué un grand rôle dans certains projets économiques transfrontaliers, sera également présent.

"Le prochain sommet va ouvrir la voie à davantage de programmes d'échanges frontaliers", selon le communiqué de la présidence.

Le programme n'a pas encore été dévoilé, mais cette fois, la demande de progrès concrets est forte. Pour mémoire, Kim Jong Un s'est engagé auprès des États-Unis en faveur de la "dénucléarisation de la péninsule", un euphémisme sujet à toutes les interprétations. Les deux parties s'écharpent depuis sur la signification exacte de cet engagement. 

Lors de cette nouvelle rencontre, Moon Jae-in, qui avait été élu en prônant le dialogue avec Pyongyang, compte encore "jouer le rôle de facilitateur ou de médiateur", a déclaré son conseiller spécial aux affaires étrangères Moon Chung-in. "Il pense que l'amélioration des relations intercoréennes doit permettre de faciliter le dialogue entre le Nord et les Etats-Unis et de régler la question nucléaire nord-coréenne".

La Corée du Nord compte en tout cas l'accueillir en grandes pompes, comme à son habitude. À l'occasion du premier sommet intercoréen en avril dernier, on avait pu assister à cette scène rarissime où l'image du président sud-coréen était applaudie par des milliers de Nord-Coréens dans le Stade du Premier-Mai de Pyongyang. Une source diplomatique a estimé auprès de l'AFP qu'un triomphe similaire pourrait être réservé aux deux dirigeants coréens au cours de cette visite.

Séparer paix et dénucléarisation

Selon l'un des principaux experts américains du dossier, le président Donald Trump doit tenter d'obtenir d'autres concessions en échange de la paix formelle (la guerre de Corée s'étant conclue en 1953 par un simple armistice). Victor Cha, ancien du Conseil de sécurité nationale sous la présidence du républicain George W. Bush, redoute en effet que les discussions sur les armes atomiques de Pyongyang débouchent sur un "mauvais accord".

"A ce stade, les États-Unis risquent de concéder une déclaration de paix en échange de rien. Il faut obtenir quelque chose de significatif."
Victor Cha
Ex-membre du Conseil de sécurité nationale américain

"Le Nord et le Sud vont se rencontrer dans les prochains jours et entendent avancer vers une forme de déclaration de paix. Ils auront probalement la bénédiction chinoise", explique-t-il dans un entretien accordé à l'AFP. Cela place Trump dans une position embarrassante: s'ils déclarent la paix sans nous, nous allons passer pour les méchants alors que c'est lui qui veut être considéré comme le faiseur de paix, prétendant au Nobel!"

Selon lui, "le danger, c'est que sans aucune avancée en matière de dénucléarisation, ça revient à concéder la paix en échange de rien ou d'un mauvais accord." Les États-Unis doivent donc "séparer les négociations". "Les discussions sur un traité de paix ne devraient pas prévoir la dénucléarisation en contrepartie, mais plutôt des mesures d'apaisement en matière de forces conventionnelles sur le terrain".

Quant à la dénucléarisation, "la carotte, c'est la levée des sanctions". "On peut parvenir à un accord là-dessus. Un mauvais accord, c'est certain! Mais la vraie question c'est: peut-on aboutir à un bon accord, assez exhaustif et vérifiable ? Difficile à dire, car je ne crois pas que les Nord-Coréens aient l'intention d'abandonner leurs armes."

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