La Chine et l'Europe cherchent à jouer la réciprocité économique

Les dirigeants se sont montrés d’accord sur la nécessité de moderniser l’OMC. ©REUTERS

Commandes d’Airbus, carte libre à Huawei pour la 5G, les annonces en ce sens ont fleuri lors de la visite de Xi Jinping à Paris.

Fallait-il que le danger d’une Chine ultra-puissante fût à ce point névralgique pour qu’Emmanuel Macron, lors d’une déclaration commune aux côtés de son homologue chinois Xi Jinping, en appelle au "respect de l’Union européenne" et des "valeurs qu’elle porte pour elle-même et dans le monde"? Sans aucun doute. Si le Président français, à l’occasion de la visite du Président chinois au pays de Voltaire avait également convié le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la chancelière allemande Angela Merkel, c’était également pour montrer sa détermination comme l’indique un texte conjoint, à ce qu’advienne "la conclusion rapide d’un ambitieux accord global sur les investissements entre l’Union européenne et la Chine, incluant l’accès au marché et la protection des investissements, dans un esprit de bénéfice mutuel et réciproque".

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L’annonce de la commande de 300 Airbus au prix catalogue est venue parachever en beauté la visite de Xi Jinping.

Les quatre dirigeants se sont aussi montrés d’accord sur la nécessaire "modernisation" de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dont l’utilité est contestée par les Etats-Unis. Faute de partager une même approche sur les droits humains, ils se sont empressés par ailleurs de trouver des terrains d’entente face à la problématique du réchauffement climatique ou encore "l’érosion de la diversité". L’annonce de la commande de 300 Airbus au prix catalogue est venue parachever en beauté la visite de Xi Jinping.

Nouvelles routes de la soie

Une visite officielle comme une autre? Pas vraiment. Au mois de décembre, la chaîne Arte avait diffusé un documentaire intitulé "Le monde selon Xi Jinping". Ce film démontrait comment la Chine voulait, sous la houlette de son leader, devenir, en 2049, le numéro un mondial dans les domaines économique et militaire. Et expliquait aussi de quelle façon, via son programme des nouvelles routes de la soie, comment elle comptait imposer un nouvel ordre mondial qui ne s’encombrerait pas, au moins jusqu’à cette échéance, de critères humanistes. Le film détaillait par ailleurs comment les investissements chinois en Grèce ou au Portugal avaient amené ces deux derniers à apporter leur veto dans une Union européenne où l’unanimité est la règle.

Seule, la France apparaît bien faible. Son PIB a presque doublé entre 2001 et 2017 mais celui de la Chine a décuplé, sans toutefois atteindre le montant cumulé des pays de l’Union. Comme l’explique un expert dans le documentaire, le pays de Xi Jinping n’a pas son pareil singulièrement en Europe, pour diviser et investir les espaces libres. Incidemment, si la visite du chef d’État chinois a bizarrement commencé par Monaco, ce n’était pas pour faire du tourisme. Car la minuscule principauté devrait accueillir sous peu un réseau 5G sous la houlette du géant des télécoms Huawei et alors que dès 2020, au moins une grande ville de chaque État membre de l’Union doit être couverte par l’ultra haut débit. Et l’annonce de mardi ouvrant le marché de la 5G à Huawei avait la saveur d’un thé (chinois) sucré au miel.

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