Le pétrole a-t-il atteint un plancher?

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Pour le ministre irakien du pétrole, il est difficile que le prix du pétrole baisse davantage. Pour le PDG de Total, "sur le long terme, le monde a besoin d'énergie, donc (...) les prix repartiront à la hausse".

Depuis la mi-juin, les prix de l'or noir  ont chuté de près de 60%, tombant sous la barre symbolique des 50 dollars le baril. Un plancher? Peut-être. Mais la grande inconnue est surtout de savoir si cette baisse va durer. Et combien de temps.

Pour le patron de Total Patrick Pouyanné, les prix actuellement bas du pétrole sont "simplement un bas de cycle".

Patrick Pouyanne au forum de Davos ©Bloomberg

"La grande inconnue est combien de temps durera ce cycle? Beaucoup de gens expliquent qu'ils le savent, je ne le sais pas. En 2009 cela a duré six mois, en 2006 cela a duré un an, nous ne savons pas", a affirmé Patrick Pouyanné lors d'une conférence du Forum économique mondial de Davos.

"Mais sur le long terme, le monde a besoin d'énergie, donc (...) les prix repartiront à la hausse", a-t-il ajouté.

Pour le ministre irakien du Pétrole, Adel Abdel Mehdi, les prix du pétrole ont désormais atteint "un plus bas".

"Nous estimons que les prix du pétrole ont atteint un plus bas et qu'il serait difficile qu'ils baissent encore plus", a-t-il déclaré lors d'une conférence énergétique à Koweït.

"Nous ne trouvons aucune raison à la chute importante et persistante des prix", a ajouté le ministre dont le pays est le deuxième producteur de pétrole de l'Opep, derrière l'Arabie saoudite.

Le pétrole enregistrait un léger rebond mercredi en Asie sous l'effet d'achats d'opportunité après le repli marqué de la veille sur fond de ralentissement de la croissance chinoise et d'inquiétudes tenaces pour la conjoncture mondiale. Le prix du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en mars prenait 34 cents, à 46,81 dollars, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à même échéance cédait 26 cents, à 48,25 dollars.

Les cours de l'or noir sont erratiques depuis le début de l'année mais les sursauts ponctuels sont souvent d'ordre technique ou dus à des achats à bon compte, la tendance baissière étant appelée à durer, selon les analystes.

M. Abdel Mehdi a néanmoins estimé que "plusieurs facteurs vont jouer pour corriger cette chute". Le niveau actuel des prix va par exemple forcer les groupes qui ont d'importants coûts de production, comme ceux exploitant le pétrole de schiste, à quitter le marché. Cela pourrait résorber, a-t-il estimé, la surproduction estimée actuellement à 2,5 millions de barils par jour et aider les prix à rebondir.

©REUTERS

M. Abdel Mehdi a par ailleurs souligné que des initiatives étaient en cours pour tenter d'obtenir une baisse de la production. "Le Venezuela mène de grands efforts (...) et il y a des contacts impliquant la Russie et l'Opep pour essayer de réduire la production", a-t-il ajouté.

L'Arabie saoudite, chef de file de l'Opep, et ses partenaires du Golfe se sont refusés à baisser leur production, craignant de perdre leur part de marché.

L'Irak, tout comme le Venezuela, fait partie des pays producteurs dont l'économie est durement affectée par la chute des cours, au contraire de la plupart des pays du Golfe qui peuvent compter sur de larges réserves financières pour compenser d'éventuels déficits budgétaires.

L'un d'eux, néanmoins, Oman, qui n'est pas membre de l'Opep, a critiqué la décision prise en novembre par cette organisation de ne pas baisser sa production. "J'ai du mal à comprendre comment une part de marché est devenue plus importante que les revenus", a déclaré le ministre omanais du Pétrole, Mohamed al-Romhi. "C'est une politique que je ne comprends pas", a-t-il renchéri, en la qualifiant de "mauvaise".

"Les producteurs aux coûts élevés vont peut-être sortir (un temps du marché), mais ils vont revenir" quand les cours du brut s'amélioreront, a-t-il ajouté.

 

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