Panique sur le pétrole, la guerre des prix est lancée

L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, a entamé une guerre des prix en procédant à son plus grand rabais depuis une vingtaine d'années. ©Bloomberg

Les cours du pétrole chutent lourdement ce lundi. L'Arabie saoudite a décidé de baisser ses prix de vente, signalant le début d'une guerre des prix sur le marché pétrolier. Pour la première fois depuis 2009, la demande de barils devrait se contracter.

Les cours du pétrole sont confrontés à leur plus sévère repli depuis la guerre du Golfe en 1991. Après s'être effondrés de 30% en Asie tôt ce lundi au point de tomber au plus bas en quatre ans, les prix du brut restaient en chute libre sur l'ensemble de la journée réduisant toutefois un peu leur perte dans les échanges européens.  

Que se passe-t-il? Le marché de l'or noir encaisse mal la décision de l'Arabie saoudite de réduire drastiquement ses prix, suite à l'échec, en fin de semaine dernière, des négociations entre l'Opep et la Russie.

Pour rappel, l'Opep et ses alliés, Moscou en tête, n'ont pas réussi à s'entendre, vendredi dernier à Vienne, sur des coupes supplémentaires dans leur production pour faire face à la baisse de la consommation mondiale d'or noir en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus.

Riyad brade les prix

Riyad a, dans la foulée, réduit le prix de vente officiel, pour le mois d'avril, de toutes ses qualités de brut vers toutes les destinations. Cette diminution, la plus grande depuis une vingtaine d'années, et qui revient à inonder le marché de barils à coûts bas, lance une guerre des prix. 

En outre, d'après Reuters, le premier exportateur mondial de pétrole compte augmenter sa production de brut à plus de 10 millions de barils par jour (bpj) le mois prochain.

Cette stratégie de prise de parts de marché, plutôt que de soutien des prix, rappelle la tactique mise en place en 2014... et qui avait fait chuter les prix du brut d'environ deux-tiers.

La demande devrait se contracter

La demande mondiale de pétrole devrait se contracter cette année, pour la première fois depuis 2009, en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Celle-ci s'attendait jusqu'à présent à une progression.

La demande devrait se contracter d'environ 90.000 barils par jour (bpj) par rapport à 2019, selon le scénario central de l'AIE, qui compte tenu de "l'extrême incertitude" publie aussi un scénario plus pessimiste (-730.000 bpj) et un optimiste (+480.000 bpj).

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