Va-t-on devoir s'habituer à vivre dans un monde sans croissance?

© Emy Elleboog

Le 21e Congrès des économistes se penche sur les raisons de la faible croissance que nous connaissons depuis 2009.

Peut-on vivre sans croissance? Au vu de la période de quasi-stagnation que nous vivons depuis 2008, la question mérite d’être posée. Au point que certains parlent de "stagnation séculaire". La question occupera en tout cas les participants au 21e Congrès des économistes qui se tiendra au Sart Tilman à Liège le 26 novembre prochain.

Cet événement bisannuel, qui sera présidé par Eric De Keuleneer (Solvay Business School, photo ci-contre), a pour but d’interpeller les décideurs politiques et d’associer experts, partenaires sociaux, médias et citoyens. À travers la croissance, des thèmes connexes seront abordés: le travail, le bien-être, les indicateurs de prospérité, la transition énergétique, le tax shift ou encore l’évolution démographique. La faible croissance actuelle s’explique, selon l’économiste David de la Croix (UCL), par l’épuisement des facteurs qui ont alimenté la croissance depuis l’avènement de la révolution industrielle: la baisse de la fécondité, la longévité, l’éducation et l’urbanisation. "L’éducation ne va pas régresser mais elle ne devrait plus énormément progresser non plus", commente David de la Croix.

Deux écoles

D’où la question: quelle sera la croissance de demain? Pour l’école classique, le progrès technique continuera d’assurer les gains de productivité nécessaires à une bonne croissance. Pour les adeptes de l’école malthusienne en revanche, rien n’est moins sûr. Ainsi, l’économiste français Daniel Cohen, dont le dernier ouvrage traite précisément de la croissance molle ("Le monde est clos et le désir infini", éd. Albin Michel.), viendra expliquer pourquoi l’actuelle révolution numérique n’est pas génératrice de croissance. Le Japon est intéressant à cet égard: depuis vingt ans, ce pays continue d’innover mais la croissance ne suit pas et les ménages japonais consomment peu. "C’est un phénomène nouveau que l’on ne cerne pas encore très bien", admet Eric De Keuleneer.

De son côté, le Bureau du Plan observe depuis dix ans un ralentissement des gains de productivité en Belgique. Deux raisons à cela: la Belgique n’est pas à la pointe en matière de nouvelles technologies et les services ont pris l’ascendant sur l’industrie. Or les gains de productivité sont plus élevés dans l’industrie que dans les services. Sans oublier, précise Eric De Keuleneer, les contraintes budgétaires et environnementales qui sont autant de freins à la croissance. La pollution coûte 18 milliards d’euros par an en Belgique, soit 4,6% du PIB.

Infos et inscriptions: www.congresdeseconomistes.be

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