"Be afraid!", dit-elle aux Belges

©Emy Elleboog

Invitée hier soir par Mediafin (l’éditeur de "L’Echo"), l’économiste américaine Carmen Reinhart prévient la Belgique des dangers de sa dette.

Sa réponse a fusé. A la question de savoir ce que doivent penser les habitants d’un petit pays comme la Belgique ayant une dette approchant les 100% de son PIB, l’économiste Carmen Reinhart n’a pas hésité: "Be afraid!" Pour la professeur à l’Université de Harvard, ces niveaux sont bien trop hauts. Ils dépassent le fameux seuil des 90% qui, "couplé à un environnement de méfiance des marchés, peut mener au désastre".

Carmen Reinhart était l’invitée de l’événement annuel "New Insights" de Mediafin, éditeur de "L’Echo". Elle a profité de cette tribune pour marteler à nouveau son credo pour sortir l’Europe de la crise: "Il n’y a pas d’autres solutions que de restructurer les dettes existantes." Autrement dit, ceux qui ont prêté aux pays ou banques en difficulté devront prendre leurs pertes.

Lire également l’interview de Carmen Reinhart sur www.lecho.be/carmen

Pour elle, l’une des mesures à prendre est de "transférer la dette des emprunteurs aux épargnants". C’est dans cette optique qu’elle comprend le débat mené actuellement en Belgique sur l’exemption fiscale des livrets d’épargne. "Au plus la dette d’un pays peut être soutenue par les épargnants domestiques, au mieux c’est."


Un peu d’audace!

L’économiste prône la restructuration des dettes à tous les pays en difficulté. Selon elle, l’Espagne devrait impliquer les créanciers privés de ses banques. "Nous allons voir le cas chypriote à une beaucoup plus large échelle", annonce-t-elle, faisant référence à la restructuration bancaire menée à Chypre en mars dernier.

Mais pour y arriver, il faudra une intervention bien plus audacieuse de la Banque centrale européenne. En favorisant l’inflation ou "en rachetant massivement la dette des banques", comme l’a fait la Réserve fédérale en rachetant à bout de bras des titres adossés aux crédits hypothécaires. "Nous sommes dans la 6e année de crise, et les choses ne fonctionnent toujours pas."

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