Le monde entier s'indigne après la décision de Trump sur Jerusalem

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Alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a parlé d'un "jour historique", le monde entier s'indigne et condamne la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme de la capitale d'Israël.

Le Premier ministre belge, Charles Michel, a condamné la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Le seul à s'être réjoui est sans surprise le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il a salué ce "jour historique" pour Israël, affirmant toutefois que la décision du président américain ne changerait rien en ce qui concerne les lieux saints des trois grandes religions monothéistes à Jérusalem.

Jérusalem "est la capitale du peuple juif depuis 3.000 ans, c'est la capitale d'Israël depuis presque 70 ans". "Le peuple juif et l'Etat juif seront à jamais reconnaissants", a affirmé Netanyahu dans un enregistrement vidéo diffusé immédiatement après la déclaration de Trump.

"Je partage l'engagement du président Trump d'oeuvrer à la paix entre Israël et tous ses voisins, y compris les Palestiniens."
Benjamin Netanyahu

"Je partage l'engagement du président Trump d'oeuvrer à la paix entre Israël et tous ses voisins, y compris les Palestiniens", a-t-il dit. "Je veux aussi qu'il soit bien clair: il n'y aura aucun changement d'aucune sorte au statu quo sur les lieux saints", a-t-il assuré. "Israël veillera à toujours faire respecter la liberté de culte des juifs, des chrétiens et des musulmans."

A l'inverse, le mouvement islamiste palestinien Hamas a affirmé que cette décision ouvrait "les portes de l'enfer pour les intérêts américains dans la région". Ismaïl Radouane, un haut responsable du Hamas s'exprimant devant des journalistes dans la bande de Gaza, a appelé les pays arabes et musulmans à "couper les liens économiques et politiques" avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé que les Etats-Unis ne pouvaient plus jouer leur rôle historique d'intermédiaire de la paix avec les Israéliens. "Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu'ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu'ils ont joué au cours des dernières décennies", a-t-il ajouté sur la télévision palestinienne.

Huit pays ont demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. "Les missions de Bolivie, d'Egypte, de France, d'Italie, du Sénégal, de Suède, du Royaume-Uni et d'Uruguay demandent à la présidence japonaise du Conseil de sécurité d'organiser une réunion d'urgence du Conseil, avec un exposé du secrétaire général, avant la fin de la semaine", indique un communiqué de la mission suédoise.

Réactions unanimes à travers le monde

  • La France

La décision du président américain est "regrettable", a déclaré Emmanuel Macron, estimant que le statut de Jérusalem devait être déterminé par les Palestiniens et les Israéliens. "C'est une décision que la France n'approuve pas et qui contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU", a déclaré le chef de l'Etat français.

Macron a rappelé "l'attachement de la France et de l'Europe à la solution de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité."

"Le statut de Jérusalem est une question de sécurité internationale qui concerne toute le communauté internationale, il devra être déterminé par les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l'égide des Nations unies", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat français a rappelé "l'attachement de la France et de l'Europe à la solution de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux Etats."

"Pour l'heure je lance un appel au calme, à l'apaisement et à la responsabilité de tous, nous devons éviter à tout prix les violences et privilégier le dialogue", a-t-il dit. "La France est prête avec ses partenaires à prendre toutes les initiatives utiles en ce sens".

  • Le Royaume-Uni

Le Royaume-Uni n'est "pas d'accord" avec la décision, a déclaré la Première ministre britannique Theresa May dans un communiqué, estimant que cette décision n'était "d'aucune aide" pour les perspectives de paix dans la région.

  • L'Allemagne

Angela Merkel a déclaré que le gouvernement allemand "ne soutient pas cette position car le statut de Jérusalem ne peut être négocier que dans le cadre d'une solution de deux Etats."

  • L'Italie

"Jérusalem ville sainte, unique au monde. Son futur doit être défini dans le cadre d'un processus de paix basé sur les deux Etats, Israël et Palestine", a réagi sur Twitter du chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni.

  • Le Canada

Le Canada a estimé que "la question du statut de Jérusalem ne peut être résolue que dans le cadre d'un règlement général du conflit israélo-palestinien". "Nous demeurons fermement engagés envers l'objectif d'une paix juste, globale et durable au Moyen-Orient qui inclut la création d'un Etat palestinien vivant côte à côte avec l'Etat d'Israël dans la paix et dans la sécurité", a affirmé Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères.

  • La Turquie

La Turquie juge la décision "irresponsable". "Nous condamnons la déclaration irresponsable de l'administration américaine (...) cette décision est contraire au droit international et aux résolutions de l'ONU", a réagi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.

  • La Jordanie
"La décision du président américain constitue une violation des décisions du droit international et de la charte des Nations unies."
Mohammed Moumeni
Porte-parole du gouvernement jordanien

La Jordanie, pays gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem, a dénoncé "une violation du droit international". "La décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, et le transfert de l'ambassade des Etats-Unis vers cette ville, constitue une violation des décisions du droit international et de la charte des Nations unies", a estimé le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammed Moumeni, dans un communiqué.

  • L'Iran

Le ministère des Affaires étrangères iranien a dénoncé dans un communiqué une "provocation et une décision insensée de la part des Etats-Unis (...) qui va provoquer une nouvelle Intifada et pousser à des comportements plus radicaux, à davantage de colère et de violence".

  • Le Liban

Le Premier ministre libanais Saad Hariri "rejette et dénonce cette décision et annonce aujourd'hui sa plus totale solidarité avec le peuple palestinien".

  • La Tunisie

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères affirme que la Tunisie est "profondément préoccupée" et dénonce "une atteinte primordiale au statut juridique et historique de la ville et une violation des décisions de l'ONU". "Cette décision pousse à plus de tensions et représente une provocation pour les sentiments des arabes et des musulmans".

  • La Syrie

La présidence syrienne, sur page officielle Facebook, estime que "l'avenir de Jérusalem n'est pas déterminé par un Etat ou un président mais par son histoire, sa volonté et la détermination de ceux qui sont loyaux à la cause palestinienne".

  • L'Organisation de libération de la Palestine

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, a déclaré que le président américain avait "détruit" la solution dite à deux Etats en annonçant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël.  Trump a aussi "disqualifié les Etats-Unis de tout rôle dans un quelconque processus de paix", a-t-il ajouté.

  • L'ONU
"La décision du président américain constitue une violation des décisions du droit international et de la charte des Nations unies."
Mohammed Moumeni
Porte-parole du gouvernement jordanien

Le statut de Jérusalem ne peut être résolu que par une "négociation directe" entre Israéliens et Palestiniens", a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres en rappelant avoir toujours été "contre toute mesure unilatérale". "Il n'y a pas d'alternative à la solution de deux Etats" avec "Jérusalem comme capitale d'Israël et de la Palestine", a ajouté le patron des Nations unies.

  • Federica Mogherini

La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a exprimé mercredi au nom de l'Union européenne sa "sérieuse préoccupation" après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. "L'Union européenne exprime sa sérieuse préoccupation à propos de l'annonce aujourd'hui du président des Etats-Unis Trump sur Jérusalem et les répercussions que cela peut avoir sur la perspective de paix", a affirmé Mme Mogherini dans un communiqué.

 

  • L'Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB)

La décision du président américain renforce "une situation totalement déséquilibrée", regrette l'Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB), par la voix de son membre Henri Goldman. "C'est un acte de guerre qui ne va sûrement pas favoriser une solution juste au conflit israélo-palestinien", a-t-il réagi.

Une voix dissonante pour le CCOJB

Le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) "prend acte de l'annonce faite par le président américain". Pour le CCOJB, Jérusalem est la capitale officielle de l'Etat d'Israël. "Son parlement, la Knesset, y est installé depuis l'indépendance du pays", relève l'organisme qui défend les valeurs juives en Belgique. "En tant que citoyens belges et juifs, nous souhaitons entamer une réflexion en profondeur sur les conséquences politiques de la reconnaissance graduelle par la communauté internationale de Jérusalem comme capitale officielle de l'Etat d'Israël."

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