Déluge de condamnations pour les propos "racistes" de Trump

©AFP

Les propos du président américain sur l'immigration en provenance de "pays de merde" a été condamnée par 54 pays africains, le gouvernement haïtien et l'ONU.

"Racistes", "abjects" et "blessants": les propos de Donald Trump sur l'immigration en provenance de "pays de merde" ont provoqué un torrent d'indignation à travers le monde.

D'une même voix et dans un langage d'une rare dureté, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l'ONU ont exigé une "rétractation" au président américain, condamnant des "remarques scandaleuses, racistes et xénophobes". Ils se sont dit préoccupés par la tendance "grandissante" de l'administration Trump "à dénigrer le continent, et les gens de couleur".

"Les mots utilisés par le président tels qu'ils m'ont été rapportés directement par ceux qui ont participé à la rencontre n'étaient pas 'durs', ils étaient abjects et répugnants"
Jeff Flake
sénateur républicain

Le Sénégal et le Bostwana ont convoqué chacun l'ambassadeur américain.

Le gouvernement haïtien a lui dénoncé des propos "odieux et abjects" qui, s'ils étaient avérés, seraient à tous égards "inacceptables car ils reflèteraient une vision simpliste et raciste".

L'ancien ministre français de la Culture Jack Lang n'a pas non plus mâché ses mots samedi en qualifiant quant à lui le président américain de "président de merde" sur son compte Twitter. "C'est un cri du coeur, un cri de révolte après ce qu'il a dit sur les Haïtiens", s'est justifié M. Lange.

"Pas les mots utilisés"

Comme souvent, c'est via Twitter que le président américain a réagi à cette nouvelle polémique qu'il a lui-même suscitée et qui le met en difficulté au moment où il tente de trouver un compromis au Congrès sur le dossier sensible de l'immigration.

"Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés", a affirmé le milliardaire dans une formule alambiquée.

Quelques minutes plus tard, le sénateur démocrate Dick Durbin, présent lors de la réunion, assurait pourtant que le président avait bien utilisé "plusieurs fois" l'expression injurieuse.

"Les mots utilisés par le président tels qu'ils m'ont été rapportés directement par ceux qui ont participé à la rencontre n'étaient pas 'durs', ils étaient abjects et répugnants", a ajouté en écho le sénateur républicain Jeff Flake, un conservateur opposé à Donald Trump.

"Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?", a demandé le président Trump lors de discussions jeudi, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes.

"Ce n'est pas comme cela qu'un président devrait parler et se comporter. Mais surtout, ce n'est pas comme cela qu'un président devrait penser".
Joe Biden
Ancien vice-président démocrate

Selon elles, M. Trump faisait référence à des pays d'Afrique ainsi qu'à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège.

"Pourquoi avons-nous besoin de plus d'Haïtiens ?", aurait encore demandé le président.

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés a déploré des propos "racistes", "choquants et honteux".

L'ancien vice-président démocrate Joe Biden a lui aussi donné de la voix. "Ce n'est pas comme cela qu'un président devrait parler et se comporter. Mais surtout, ce n'est pas comme cela qu'un président devrait penser".

En Amérique latine, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a appelé à la solidarité avec les pays "agressés" par Donald Trump. Cuba a de son côté "condamné fermement" des déclarations "racistes, dénigrantes et grossières".

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