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L'Otan tente de retrouver son unité malgré des querelles entre alliés

©AFP

Le sommet de l’Otan s’est déroulé dans une ambiance ternie par des querelles entre la France, les Etats-Unis et la Turquie. Les alliés ont toutefois réaffirmé leur unité.

Septante ans après la fondation de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), les alliés se sont retrouvés à Londres mercredi pour un sommet consacré à l’unité et aux défis de l’alliance militaire la plus puissante du monde. De vives tensions entre la France, la Turquie et les États-Unis ont gâché la fête.

Le président des États-Unis Donald Trump est arrivé avec vingt minutes de retard, provoquant l’agacement des autres dirigeants.

"Les alliés ont renouvelé leur engagement, un pour tous, tous pour un."
Jens stoltenberg
secrétaire général, Otan

Dans une courte déclaration, les alliés ont affirmé leur volonté de retrouver l’unité. "L’Otan reste le fondement de notre défense collective et le forum essentiel pour les consultations et la prise de décision en matière de sécurité entre alliés", dit cette déclaration. "Les alliés ont renouvelé leur engagement, un pour tous, tous pour un", a déclaré Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan.

Ces derniers temps, l’unité de l’Otan a été entachée d’insultes entre dirigeants. Le président français Emmanuel Macron n’a pas digéré l’opération turque lancée en octobre contre les Kurdes avec le feu vert des États-Unis.

Moscou fut le grand gagnant de l’opération, les troupes russes en ayant profité pour remplacer les forces américaines dans le nord de la Syrie. La Turquie, deuxième force armée de l’Otan, a choqué les alliés en achetant peu après des missiles de défense S-400 et des avions de chasse russes.

Le président Macron a déclaré, avec un dessein provocateur, l’Otan "en état de mort cérébrale" lors d’une interview à The Economist.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a répliqué qu’Emmanuel Macron était lui-même "en état de mort cérébrale". Donald Trump a jugé à la veille du sommet que le Français avait été "très insultant".

Lors de son arrivée au sommet, Emmanuel Macron n’a rien retiré de ses mots. "Je les assume totalement, a-t-il dit. Il était de notre responsabilité de lever des ambiguïtés qui pouvaient être nuisibles."

Divisée l’alliance? "C’est loin d’être le cas, l’Otan est très dynamique, très agile et s’adapte, c’est l’alliance qui a connu la plus grande réussite dans l’histoire de l’humanité, car nous avons toujours su nous adapter au monde", a insisté Jens Stoltenberg. Pour renforcer l’unité, les alliés ont décidé mercredi "de lancer un processus de réflexion visant à renforcer la dimension politique de l’Otan", a-t-il annoncé.

Lors de cette rencontre, les dirigeants ont abordé " la lutte contre le terrorisme, la course aux armements, les relations avec la Russie et pour la première fois, la montée de la Chine", a indiqué Jens Stoltenberg.

La Belgique accroît ses dépenses

Pour son baptême du feu à l’Otan, la Première ministre belge Sophie Wilmès a été confrontée d’entrée de jeu à des scènes de zizanie entre dirigeants. "Il y a des acrimonies, des expressions plus ou moins fortes, mais on a réussi à atterrir là-dessus. Septante ans d’alliance, c’est un succès, c’est aussi une opportunité de dire que l’on doit se re-réfléchir", explique-t-elle.

La Belgique ne fait pas bonne figure sur la question des dépenses militaires. Avec 0,93% du PIB de dépenses militaires, notre pays est loin de l’objectif de 2% pour 2024 fixé par les alliés. "La Belgique contribuera avec un objectif de 1,19% d’ici 2023-2024 et 1% en 2022", affirme Sophie Wilmès.

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