La chute de la livre turque? "Un complot" dit Erdogan

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La chute de la livre turque ne peut s'expliquer que par un "complot contre la Turquie", selon Erdogan. Le ministre turc des finances annonce un plan pour venir en aide à l'économie réelle.

Recep Tayyip Erdogan a estimé dimanche que la chute de la livre turque, qui a perdu 40% de sa valeur depuis le début de l'année, ne répond à aucune logique et que sa récente dégringolade ne peut s'expliquer que par un "complot contre la Turquie".

Le président turc, qui s'exprimait devant ses partisans dans la ville balnéaire de Trabzon, a demandé pour le troisième jour consécutif à ses compatriotes de vendre des dollars et des euros pour soutenir la monnaie nationale.

Lundi, il enfonçait le clou dans un discours à Ankara. "D'un côté, vous êtes avec nous dans l'Otan et, de l'autre, vous cherchez à frapper votre partenaire stratégique dans le dos. Une telle chose est-elle acceptable ?"

Le ministre des finances annonce que la Turquie a rédigé un plan d'actions pour soutenir l'économie réelle, qui est la plus affectée par la variation des taux de change. Une réunion aura lieu lundi pour décider des mesures à prendre. Saisir ou convertir les comptes en dollars en lires turques est hors de question, précise le ministre. Il ajoute qu'il utilisera la politique fiscale pour renforcer l'indépendance de la politique monétaire.

La livre turque a plongé de près de 20% vendredi après l'annonce d'un doublement des droits de douane sur l'acier et l'aluminium turcs importés aux Etats-Unis.

Le torchon brûle entre Washington et Ankara à propos du pasteur évangéliste américain, Andrew Brunson, soupçonné de terrorisme. Il est accusé par les autorités d'Ankara d'avoir soutenu le coup d'Etat manqué de juillet 2016, attribué par les autorités turques aux réseaux soutenant le prédicateur musulman Fethullah Gülen qui vit en exil aux Etats-Unis.

La Maison blanche avait lancé un ultimatum à la Turquie en exigeant d'elle la libération d'Andrew Brunson avant mercredi dernier en fin d'après-midi sous peine de s'exposer à des sanctions américaines, a déclaré dimanche Recep Tayyip Erdogan.

Le président turc, qui a refusé de plier, disant s'en remettre à la justice, avait déjà estimé vendredi que son pays était la cible d'une "guerre économique". Il avait aussi dénoncé un "lobby des taux d'intérêt" qui serait selon lui à la manoeuvre pour affaiblir la Turquie.

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