La fiscalité augmente, les entreprises sont ménagées

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Les recettes fiscales dans les pays de l’OCDE atteignent un record historique. Mais les sociétés sont largement épargnées – leur contribution relative reste largement sous le niveau d’avant la crise de 2008.

Jamais l’OCDE n’avait mesuré un taux de recettes fiscales aussi élevé. Les impôts – cotisations sociales comprises – ont totalisé l’an dernier 34,3% du produit intérieur brut (PIB) des membres de l’organisation pour la coopération et le développement. C’est 0,3 points de pourcentage de plus que l’année précédente et c’est "un pourcentage sans précédent", souligne l’Organisation dans un recueil statistique que l’OCDE publiait ce jeudi. La fiscalité atteint son plus haut niveau depuis la première compilation de ces données (1965).

-2,3 points
Depuis l’éclatement de la crise financière, la contribution des entreprises aux recettes fiscales a diminué de 2,3 points de pourcent dans l’OCDE.

Alors que la fiscalité augmente dans l’OCDE, les rentrées fiscales sont au contraire orientées à la baisse en Belgique: elles ont reculé de 0,6 points l’an dernier. Avec une fiscalité de 44,2% du PIB, le royaume reste le troisième pays où les rentrées fiscales sont proportionnellement les plus importantes. Le premier reste le Danemark, avec un taux de prélèvement de 45,9%; le deuxième est la France (45,3%). À l’autre bout du classement, l’Irlande est le pays d’Europe à la fiscalité la plus légère (23%).

Entreprises ménagées

Depuis 2009, le "point bas" de la crise financière, la fiscalité moyenne augmente de manière continue – les niveaux d’imposition parmi les 35 pays membres de l’OCDE dépassent d’ailleurs ceux d’avant la crise depuis 2014. Mais tous les contribuables ne sont pas logés à la même enseigne, et les entreprises sont singulièrement ménagées. Si l’on compare les derniers chiffres de l’organisation, qui portent sur l’année 2015, avec ceux de l’année qui précède l’éclatement de la crise financière, 2007, la part de la fiscalité sur les revenus des personnes physiques, les biens et services ou la sécurité sociale a globalement augmenté dans les trésors publics. Les prélèvements sur les revenus des entreprises ont par contre diminué de 2,3 points. En 2015, l’impôt sur les bénéfices des entreprises est resté stable à 8,9% des recettes.

En Belgique, où la sécurité sociale occupe une grande place dans le bouquet fiscal, la part du prélèvement sur les entreprises reste inférieure à la moyenne OCDE. Mais elle a continué de progresser, passant de 5,9% en 2010 à 7% en 2014 et 7,4% l’année suivante.

Les contributions à la sécurité sociale et les taxes sur les biens et services, TVA incluse, ont globalement diminué en 2015, même si leur contribution au mix fiscal reste supérieure à ce qu’elle était avant la crise (respectivement +1,2 et +0,5 point). La fiscalité sur les revenus des personnes physiques est en nette augmentation depuis 2010 et participe elle aussi plus qu’avant la crise à l’alimentation des caisses publiques (+0,7%).

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