Le Kilimandjaro, l'atoll d'Aldabra et les Everglades menacés

Le mont Kilimandjaro ©AFP

A l'occasion de la COP23 à Bonn, l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) tire la sonnette d'alarme. En trois ans, la liste des sites naturels en danger à quasi doublé.

Ils étaient 35 il y a à peine 3 ans. Ils sont désormais 65. Soixante-cinq sites naturels déclarés en danger. L'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) tire la sonnette d'alarme à l'occasion de la COP23 de Bonn. Elle réclame des actions "urgentes" pour préserver ces "trésors". "Ce rapport envoie un message clair aux délégués réunis ici à Bonn: le changement climatique agit vite et n'épargne pas les trésors les plus précieux de notre planète", a commenté la directrice générale de l'IUCN, Inger Andersen.

Les sites naturels les plus menacés par le réchauffement climatique

L'IUCN dénombre pas moins de 241 sites naturels considérés comme Patrimoine mondial de l'Unesco. Au jour le jour, l'association examine les menaces qui pèsent sur ces sites, les mesures de protection nécessaires, la gestion. Leur dernier examen montre un impact croissant du changement climatique sur l'environnement.

Atoll d'Aldabra aux Seychelles ©doc

La grande barrière de corail en Australie ou l'atoll Aldabra aux Seychelles continuent de blanchir. "La grande barrière de corail, par exemple, a subi un blanchiment généralisé touchant jusqu'à 85% des récifs étudiés."

Les glaciers comme celui du site des Alpes suisses, Jungfrau-Aletsch, se réduisent comme peau de chagrin sous l'effet du réchauffement climatique.

"L'ampleur et le rythme auxquels il dégrade notre patrimoine naturel soulignent le besoin d'actions et d'engagements nationaux urgents et ambitieux pour mettre en œuvre l'Accord de Paris."  Inger Andersen affirme que la protection de ces sites est de la responsabilité des gouvernements. "Ils ont signé l'accord de Paris."

Les sites naturels en danger selon l'IUCN

Tim Badman, directeur du programme "World Heritage" au sein de l'IUCN ajoute que les sites classés au patrimoine mondial jouent également un rôle primordial dans les économies locales. "Leur destruction peut avoir des conséquences dévastatrices qui vont bien au-delà de la simple beauté du paysage et de la valeur naturelle. Au parc péruvien du Huascaran, par exemple, la fonte des glaciers affecte l'alimentation d'eau et contamine l'eau et les sols dû à la libéralisation des métaux lourds précédemment piégés par les glaces. Cela s'ajoute donc à l'urgence de notre défi de sauver ces sites."

Parc national des Everglades ©doc

Autres dangers, non liés, cette fois au climat: l'exploitation touristique et l'invasion d'espèces indigènes. Tous deux affectent le processus écologique et menacent la survie des espèces endémiques des sites. Selon le report ces dangers menacent 29% des sites avec le besoin d'agir de façon urgente pour 7% d'entre eux. Le parc national américain des Everglades est ainsi très menacé comme le lac Turkana au Kenya.

Parc Comoé ©Document IUCN

Certes tout n'est pas noir. Le rapport de l'IUCN relate aussi des "succes stories". Le parc national Comoé en Côte d'Ivoire a réussi à réimplanter une population de chimpanzés et d'éléphants grâce à un management efficace et un soutien international. Les perspectives de sauvegarde du site se sont ainsi considérablement améliorées. C'est aussi le cas pour 13 autres sites. 

Le rapport de IUCN est accessible ici

Les Belges pas trop inquiets face au réchauffement climatique

Seuls 25,5% des Belges se disent très inquiets face au réchauffement climatique, selon l'Enquête sociale européenne (ESS). Ils sont toutefois 96,5% des 1.766 Belges interrogés à considèrer le réchauffement climatique comme réel ou probable. 6,5% extrêmement se disent préoccupés.

Les jeunes, les électeurs des partis écologiques Groen et Ecolo ainsi que ceux ayant un intérêt politique portant à gauche sont davantage préoccupés.

Pour lutter contre le réchauffement, trois quarts des Belges soutiennent les subventions aux énergies renouvelables. La taxation des combustibles fossiles recueille 32,3% des voix tandis que 46,4% rejettent une telle mesure.

Sur les causes du changement, les avis divergent quelque peu. La majorité des sondés (53,5%) s'accorde pour dire qu'il est surtout dû aux activités humaines, combiné ou non avec des processus naturels. Près de 40% attribuent une responsabilité égale aux processus naturels et aux activités humaines. 



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