Michel à Marrakech: "J'ai fait le choix de placer mon pays du bon côté de l'Histoire"

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Le pacte sur les migrations a été approuvé ce lundi en conférence de l'ONU au Maroc. Le Premier ministre du gouvernement désormais minoritaire, Charles Michel, s'est exprimé depuis Marrakech: "Je me présente debout, droit et fier de mes convictions".

Le pacte mondial sur les migrations des Nations unies a été formellement approuvé ce lundi, jour du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, à Marrakech, après la proclamation orale et le traditionnel coup de marteau, devant quelque 150 pays réunis en conférence intergouvernementale.

 

"Ce moment est le produit inspiré d'efforts", a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à l'ouverture des débats. "Nous ne devons pas succomber à la peur ou aux faux narratifs" sur la migration, a-t-il ajouté. Guterres a dénoncé les "nombreux mensonges" propagés sur cet accord, qui doit désormais faire l'objet d'un ultime vote de ratification, le 19 décembre à l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

Durant deux jours, ces lundi et mardi, 150 pays confirmeront leur engagement à soutenir le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, un texte non contraignant sur lequel le gouvernement belge s'est déchiré pendant de longues semaines, avant que la N-VA ne quitte finalement la majorité ce week-end.

Le Premier ministre Charles Michel, désormais à la tête d'un gouvernement minoritaire, s'est envolé ce matin pour Marrakech, où il a tenu un discours dans lequel il est revenu sur la situation politique en Belgique: "J’ai été confronté dans mon pays à une difficulté politique, un de mes partenaires a fait volte-face. J’ai choisi de me tourner vers la démocratie, en soumettant le texte au parlement. Plus des deux-tiers des parlementaires ont choisi de soutenir le pacte. Avec ce texte, nous sommes plus forts, nous sommes plus courageux, nous sommes responsables." "Je n'ai plus de majorité parlementaire dans mon pays, mais je me présente debout, droit et fier de mes convictions", a-t-il déclaré, avant d'ajouter: "J'ai fait le choix de placer mon pays, le Royaume de Belgique, du bon côté de l'Histoire."

Ce pacte, qui vise à renforcer "la coopération relative aux migrations internationales sous tous leurs aspects", a également été un sujet sensible dans d'autres Etats, certains ayant même renié leur engagement en faveur de ce texte "juridiquement non contraignant".

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→ Que dit le texte? 

Le pacte, coulé dans un document de 40 pages, "favorise la coopération internationale en matière de migration entre tous les acteurs compétents, sachant qu'aucun État ne peut gérer seul la question des migrations". Il "respecte la souveraineté des États et les obligations que leur fait le droit international". "Les migrations ont indéniablement des répercussions très différentes et parfois imprévisibles sur nos pays ainsi que sur les communautés et les migrants et leur famille". Mais "il est crucial que nous ne nous laissions pas diviser et que nous restions unis face aux difficultés que posent les migrations internationales et aux occasions qu'elles offrent".

Découvrez le texte ci-dessous


"Les migrations font partie intégrante de la mondialisation, reliant entre elles les sociétés d'une même région et d'une région à l'autre et faisant de nous tous des pays d'origine, de transit et de destination", affirme aussi le document.

"Les migrations font partie intégrante de la mondialisation, reliant entre elles les sociétés d'une même région et d'une région à l'autre et faisant de nous tous des pays d'origine, de transit et de destination."
Pacte mondial sur les migrations

L'objectif du pacte est donc de faciliter des migrations sûres, ordonnées et régulières, "tout en réduisant l'incidence et les répercussions négatives de la migration irrégulière grâce à la coopération internationale et à l'ensemble de mesures proposé dans le présent Pacte mondial".

Parmi les 23 objectifs détaillés dans le texte, il s'agit de "lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d'origine", "sauver des vies", "renforcer l'action transnationale face au trafic de migrants", "ne recourir au placement en rétention administrative des migrants qu'en dernier ressort", ou "assurer l'accès des migrants aux services de base".

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