Quels pays respectent (ou pas) leurs engagements budgétaires dans l'Otan?

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Depuis sa première venue l'année dernière au siège de l'Alliance atlantique, Donald Trump n'en démord pas: chaque Etat membre de l'OTAN doit dépenser au moins 2% de son PIB dans les dépenses militaires. L'objectif, convenu en 2014, doit être atteint en 2024. Un an plus tard, quels pays ont déjà respecté cet engagement? Qui est sur la bonne voie? Quels pays sont à la traîne?

Le décor est planté. Donald Trump a (encore) tweeté. "Nous sommes des andouilles qui payons pour tout le monde", a-t-il déclaré il y a quelques jours, à la veille du sommet de l'OTAN qui démarre ce mercredi à Bruxelles. Le président américain a, une nouvelle fois, remis en cause la solidarité transatlantique. Le locataire de la Maison Blanche ne cesse en effet de réclamer de ses alliés européens qu'ils mettent davantage la main au portefeuille. Les Etats-Unis fournissent actuellement 20% du budget commun de l'Otan. 

En 2014, l'objectif convenu était d'atteindre les 2% du PIB d'ici 2024. Aujourd'hui, 21 des 29 alliés ne respectent pas cette barre symbolique

♦ Ces pays qui respectent déjà l'engagement des 2% :

  • L'Estonie (2,14%)
  • La Grèce (2,32%)
  • La Pologne (2,01%)
  • La Roumanie (2,02%)
  • Le Royaume-Uni (2,14%)

♦ Ceux qui projettent de l'être :

  • La France (1,79%) a voté, ce 28 juin, sa programmation militaire prévoyant d'atteindre les 2% en 2025. En 2018, les dépenses de l'hexagone avoisineront les 1,81%.
  • La Lettonie (1,70%)
  • La Lituanie (1,77%)

♦ Ceux qui sont très loin : 

  • L'Allemagne (1,22%). Berlin a prévu, d'ici 2024, de dépenser 1,5% de son PIB à la défense.
  • Les Pays-Bas (1,17%)
  • L'Italie (1,13%)
  • L'Espagne (0,92%)
  • Le Canada (1,31%)

◊ Quelles prévisions pour la Belgique?

La Belgique devrait consacrer en 2018 0,93% de son PIB à des dépenses de défense, contre 0,91% en 2017, soit la première hausse depuis des années, selon des statistiques provisoires publiées ce mardi par l'Otan. En termes financiers, les dépenses de défense belges - une notion plus large que le seul budget de la Défense puisqu'elle recouvre aussi, par exemple, les pensions versées aux ex-militaires - sont passées est passé de 3,997 à 4,202 milliards d'euros, selon la même estimation.

Jens Stoltenberg et Donald Trump. ©EPA

Jens Stoltenberg tempère

Le secrétaire général de l'Otan a insisté pour maintenir "une Alliance forte". C'est, selon lui, "dans l'intérêt de l'Europe et des Etats-Unis. Les infrastructures européennes permettent aussi d'assurer la protection des Etats-Unis."

Le norvégien estime que ces infrastructures européennes sont "importantes pour la sécurité des USA. Elles permettent de projeter la puissance militaire américaine vers l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Ces capacités militaires sont primordiales parce qu'elles permettent aussi d'assurer la protection des Etats-Unis." 

Donald Tusk préfère la "solidarité à l'argent"

Avant qu'Air Force One ne se pose sur le sol belge, Donald Tusk, président du conseil européen, a répondu à Donald Trump. "L'Amérique n'a pas et n'aura pas de meilleur allié que l'Europe." 

L'ancien Premier ministre polonais a insisté. "L'Europe a été la première à répondre sur une large échelle quand les Etats-Unis ont été attaqués et ont appelé à la solidarité après les attentats du 11 septembre 2001."

Donald Trump surrenchérit

Dans une lettre envoyée à neuf états membres, dont la Belgique, le locataire de la Maison Blanche, a ordonné de passer à l'acte et augmenter les dépenses de leur PIB. "Il est de plus en plus difficile de justifier devant les citoyens américains que certains pays continuent d'échouer à remplir nos engagements partagés de sécurité collective." Fin de citation. 

Lire par ailleurs notre édito: "Trump et l'Otan en guerre froide"

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