Trump demande à ses alliés d'accroître leurs dépenses militaires à... 4% du PIB

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Le président des Etats-Unis Donald Trump a demandé à ses alliés de l'Otan d'atteindre un objectif de dépenses de 4% du PIB. Le sommet de l'Otan s'est ouvert dans une atmosphère tendue ce mercredi, le président des Etats-Unis ayant multiplié ce derniers jours les provocations contre ses alliés qu'il accuse de ne pas prendre leur part du "fardeau" des dépenses militaires.

L’ambiance entre alliés était tendue ce mercredi à Bruxelles, au premier jour du sommet de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (Otan).

Lors de la première réunion de travail, le président des Etats-Unis Donald Trump a demandé à ses 28 pays alliés d'augmenter leurs dépenses militaires jusqu'à 4% du PIB, a confié à L'Echo une source interne de l'Otan. Cette proposition n'a rien fait pour alléger le climat pesant sur cette rencontre. Pour rappel, les alliés se sont engagés à atteindre un objectif de 2% du PIB d'ici 2024. Seuls huit y parviendront cette année, la Belgique étant à 0,93% et les Etats-Unis à 3,5%.

"Donald Trump est déjà à 4% dans son esprit"
Source Otan

"Donald Trump est déjà à 4% dans son esprit. Il a demandé à ses alliés d'accroître les dépenses jusqu'à ce niveau", dit cette source. Aucun dirigeant ne l'a suivi. "La plupart des pays ont répondu à cette question en rappelant l'objectif d'atteindre 2% pour 2024. Seule la Lituanie a parlé d'aller au-delà de 2%".

Le Premier ministre belge Charles Michel a réitéré l'engagement de la Belgique de "mettre un terme à la réduction systématique des dépenses de défense", rappelant que le gouvernement belge avait lancé plusieurs procédures d'acquisition (avions de chasse, drones, frégates).

Cérémonie d'ouverture

Le sommet de Bruxelles a débuté par une cérémonie d’ouverture plutôt glaciale. la chancelière allemande Angela Merkel se tenait à distance du président des Etats-Unis Donald Trump, occupé à un aparté animé avec la Première ministre britannique Theresa May. Le Premier ministre belge Charles Michel et d’autres dirigeants européens faisaient bloc autour de la chancelière.

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Le point d'orgue de la cérémonie d'ouverture, et le seul moment de détente, fut le passage de 25 hélicoptères militaires dans le ciel azur surplombant le nouveau siège de l’alliance militaire la plus puissante du monde. A leur tête, des hélicoptères belges Agusta 109, dont l'acquisition avait entraîné la démission de l'ancien secrétaire général de l'Otan Willy Claes en 1995.

Trump accroche Merkel

Dès le matin, lors d’un petit déjeuner avec le secrétaire général de l’Otan, l’imprévisible président Trump chargeait une Allemagne qu'il voit "totalement contrôlée par la Russie" dont elle tire "60% de son énergie". Le président américain exige depuis longtemps l'abandon du projet de doublement du gazoduc Nord Stream, qui relie la Russie à l'Allemagne.

Trump s’en est pris aussi aux Etats membres de l’Otan qui "ne payent pas ce qu’ils devraient" pour leurs dépenses militaires. Ils doivent pays "immédiatement, pas en 2025", a-t-il martelé dans un Tweet rédigé pendant le sommet.

1,24%
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Actuellement, l'Allemagne prévoit de consacrer 1,24% de son PIB dans le budget défense de l'OTAN contre 1,22% en 2014.

Le président des Etats-Unis s'en est pris ces derniers jours à l'Allemagne, lui reprochant ses dépenses militaires de 1,24% du PIB, inférieures à l'objectif de 2%.

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Lors de son arrivée au sommet, Angela Merkel a répondu que l’Allemagne prenait ses décisions de manière "indépendante". "J'ai vécu, en personne, l'expérience d'une partie de l'Allemagne contrôlée par l'Union soviétique. Je suis très heureuse qu'aujourd'hui nous soyons unis dans la liberté" a-t-elle dit. Elle a ajouté que son pays prévoyait d'accroître ses dépenses militaires de 80% d'ici 2024.

Juste avant le début du sommet, Donald Trump et Angela Merkel ont eu un entretien bilatéral pour mettre les choses "à plat". Au sortir de cette rencontre, le président américain était calmé. "Nous sommes de bons partenaires", a-t-il dit, "nous avons une relations formidable".

Pas de tapis rouge pour Trump

Ce sommet de l’Otan s’ouvre dans une atmosphère glaciale et tendue. Donald Trump est arrivé mardi soir à Bruxelles, avec un accueil protocolaire réduit au strict minimum. "Le président des Etats-Unis n’a souhaité ni accueil par le Premier ministre ou le roi, ni tapis rouge", dit une source. Le président américain s’est ensuite claquemuré dans sa résidence à l’ambassade des Etats-Unis, accompagné d’environ 180 personnes, dont un imposant service de sécurité.

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Conclusions d'une centaine de pages, communiqué final, échanges bilatéraux… Tout a été préparé pour que le sommet se déroule au mieux. Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, s’attend à des discussions "franches et ouvertes", tant le président américain a répété ces derniers mois son exigence de voir les alliés accroître leurs dépenses militaires jusqu’à 2% du PIB national.

Stoltenberg espère aussi que Donald Trump reconnaîtra les efforts réalisés. Depuis un an, tous les alliés ont augmenté leurs dépenses militaires en termes réels. Sept atteindront pour la fin de cette année la barre des 2% du PIB. La Belgique, dont les dépenses étaient en recul depuis des années, les a relevées de 0,91% en 2017 à 0,93% cette année.  

"Nous sommes confrontés à des défis et à des menaces de sécurité sans précédent, et nous voyons également des divergences et des désaccords entre les alliés"
Jens Stoltenberg
Secrétaire général de l'Otan

"Tous les sommets de l'Otan sont importants, mais le sommet d'aujourd'hui et de demain revêt une importance particulière parce que nous sommes confrontés à des défis et à des menaces de sécurité sans précédent, et nous voyons également des divergences et des désaccords entre les alliés", a-t-il averti avant le début du sommet.

Charles Michel en rassembleur

A l’ouverture de la première réunion du Conseil de l’Atlantique Nord (vers 15h), le Premier ministre Charles Michel s’est voulu rassembleur. "Il y a des différences entre nous. Mais l’alliance s’est toujours montrée capable de dépasser les obstacles", a-t-il dit, "comme en foot, le fair play et l’esprit d’équipe sont plus nécessaires que jamais".

Le Premier ministre s’est aussi montré détendu après la défaite des Diables rouges la veille contre la France. "Les Belges ne sont pas chauvins, mais je peux dire que la France a eu beaucoup de chance hier", a-t-il glissé.

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