Trump gèle les tarifs douaniers avec la Chine

Donald TRump et Xi Jinping lors du sommet du G20 à Osaka. ©REUTERS

Réunis lors d'un nouveau sommet du G20, les président chinois et américain ont décidé ce samedi de relancer les négociations commerciales entre les deux pays. Trump a promis de ne pas alourdir les taxes douanières sur les importations chinoises. Les chefs d'Etats ont également discuté climat, commerce et missiles russes. Compte rendu.

Au G20, Donald Trump a décidé d'arrondir les angles. Avec son homologue chinois le président Xi Jinping, ils ont convenu samedi de relancer les négociations commerciales. "Nous avons eu une très bonne rencontre avec le président Xi, je dirais même excellente", a déclaré Trump avant de rejoindre les États-Unis.

De son côté, Washington a décidé de lever sa menace d'imposer de nouvelles taxes à l'importation, qui auraient frappé la totalité des plus de 500 milliards de dollars de biens chinois achetés chaque année par les États-Unis. "Nous n'allons pas ajouter de tarifs douaniers, ni en supprimer, au moins pour le moment", a ajouté Donald Trump.

Les deux hommes répètent ainsi le scénario du dernier G20, en Argentine fin 2018. Ils avaient alors suspendu les hostilités pour quelques mois, afin de reprendre les négociations commerciales approfondies... lesquelles avaient cependant tourné court.

Avant sa rencontre avec Xi Jinping, la journée avait démarré sur les chapeaux de roue pour Donald Trump qui, au lendemain de plaisanteries remarquées avec Vladimir Poutine, a continué à afficher sa complicité avec des dirigeants critiqués pour la situation des droits de l'Homme dans leur pays. Dans tweet presque désinvolte, il évoque une possible rencontre inédite avec le leader nord-coréen Kim Jong Un dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées.

Une déclaration climat sans les États-Unis

Pendant que Xi et Trump négociaient, les diplomates des vingt pays pesant 85% du PIB mondial continuaient de s'écharper sur le climat, au moment où l'Europe subit une canicule inédite, considérée par les scientifiques comme un symptôme sans équivoque du dérèglement climatique. La chancelière allemande Angela Merkel a finalement assuré que le sommet déboucherait à propos du climat sur un "texte semblable" à l'an dernier, après des négociations particulièrement dures qui ont fait un temps craindre un recul. Il y aura bien une "déclaration 19+1", en clair un soutien de tous les membres du G20 sauf les États-Unis au grand accord de Paris de lutte contre le réchauffement climatique.

Nouveau traité de libre-échange

Comme pour répliquer à ce sommet dans le sommet sino-américain, l'UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) se sont mis d'accord sur un traité de libre-échange, fruit de 20 ans de négociations difficiles. "Un moment historique" pour le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui a également discuté d'un pacte de libre-échange avec le Premier ministre australien Scott Morrison.

Mais la ratification du Mercosur promet d'être difficile, le texte suscitant l'inquiétude des agriculteurs européens face à un afflux de produits brésiliens.

Turquie et missiles russes

En fin de sommet, Donald Trump a estimé samedi, en présence de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, que l'achat par Ankara de missiles russes S-400 était "un problème". "La Turquie est un pays ami", a-t-il martelé. "Nous avons fait de grandes choses ensemble, nous sommes un partenaire commercial très important", a-t-il ajouté. Erdogan avait un peu plus tôt souligné "l'importance prioritaire" pour la Turquie de l'accord sur la fabrication commune des missiles avec la Russie et le transfert des technologies. Il a par ailleurs indiqué qu'il n'y avait "aucun retard de prévu" dans les livraisons des systèmes de missiles S-400, qui doivent commencer en juillet.

En début de semaine, Erdogan avait déjà averti que la Turquie ne ferait pas "marche arrière" sur ce dossier. "La Turquie n'a pas à négocier avec quelque pays que ce soit, demander de permission et encore moins courber l'échine devant les pressions lorsqu'il s'agit de répondre à ses besoins en matière de sécurité", avait-t-il lancé. Washington a adressé un ultimatum à la Turquie, un membre de l'OTAN, lui donnant jusqu'à fin juillet pour renoncer au système russe de défense antiaérienne S-400, faute de quoi des sanctions pourraient être imposées.

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