La Syrie conserve des alliés après un an de violences

Douze mois de rébellion en Syrie, la balance ne semble toujours pas pencher en faveur des "anti-régime". Le blocage russe à l’ONU et le soutien iranien y sont pour beaucoup.

Après un an de conflits en Syrie, le succès de la rébellion n’a jamais semblé être aussi éloigné. L’Occident tente jusqu’ici de prouver le contraire. Le Premier ministre britannique David Cameron et le président américain Barak Obama l’ont affirmé avec vigueur ce mercredi, Bachar al-Assad ne tiendra pas à la tête du pays. "Au moment où le régime et les forces de sécurité continuent d’enregistrer des défections, l’opposition est de plus en plus forte. (…) Bachar al-Assad va quitter le pouvoir", a dit Obama, pour qui la question n’est pas de savoir s’il va quitter le pouvoir mais quand il le fera.

Mais sur le terrain, rien n’est moins sûr et de plus en plus d’analystes estiment que cette stratégie d’usure du gouvernement syrien pourrait encore durer longtemps. "Le régime pense que la communauté internationale va réaliser au bout d’un moment qu’il ne peut pas être renversé, que la pression va retomber et qu’ils renoueront le dialogue", a confié à l’AFP, Peter Harling, spécialiste de la Syrie au sein de l’International Crisis Group. "Envoyer des émissaires au mandat peu clair, cela achève de le convaincre qu’il a raison", a-t-il ajouté, faisant référence à l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, revenu les mains vides d’une mission à Damas ce week-end.

Plusieurs éléments jouent en faveur de Bachard al-Assad. Les prises des villes rebelles d’Idleb et du fief de la rébellion à Homs en sont une. La position intransigeante russe à l’ONU, grand fournisseur d’armes au régime et opposant à toute aide aux rebelles en est une autre.

Fort soutien iranien

Parmi les soutiens avérés du régime en place, le rôle de l’Iran semble assez important. Outre des e-mails qui le confirment (voir ci-dessous), il est de notoriété publique que la Syrie et l’Iran avancent main dans la main avec le Hezbollah, (puissante formation militaire et politique du Liban considérée comme terroriste par Washington). Vincent Eiffling, chercheur à l’UCL, nous explique que ce soutien est toutefois difficile à quantifier.

Le quotidien panarabe Asharq Alawsat (considéré comme modéré même s’il est lié au pouvoir saoudien) l’avait déjà affirmé le 1er mars dernier: des bataillons entiers de l’armée iranienne opèrent en Syrie. "Il s’agit des KODS, les forces spéciales des gardiens de la révolution iranienne à l’étranger. Certaines de ces poches étaient probablement déjà actives avant le début de la rébellion. Comme la Syrie est en conflit avec Israël pour le plateau du Golan, la logique c’est: les ennemis de mes ennemis sont mes amis", nous dit Eiffling.

Le soutien de l’Iran est non négligeable quand on sait avec quel zèle le régime y a réussi à se maintenir après les élections de 2009, alors que les observateurs prédisaient en nombre la fin du régime. "Il y avait un à deux millions de personnes dans les rues. Tous mes contacts sur place pensaient que le régime allait tomber tôt ou tard", indique encore Eiffling. Autant d’éléments qui indiquent que le conflit risque de durer en Syrie même si l’Hezbollah et l’Iran ont changé leur discours officiel et en appellent désormais au dialogue.

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