Le monde place ses pions après l'annonce de Trump sur Jérusalem

©AFP

Plusieurs Palestiniens ont été blessés lors d’émeutes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Deux roquettes auraient été tirées sur Israël depuis la bande de Gaza, sans atteindre leur cible. Le Hamas a appelé à une nouvelle intifada tandis que le Fatah cherchait à temporiser. La Ligue arabe doit se réunir samedi. Côté européen, on continue à plaider pour une solution à deux Etats avec Jérusalem comme capitale d’Israël et de la Palestine.

Les premières violences ont éclaté ce jeudi dans la bande de Gaza et en Cisjordanie suite à la décision du président Trump de déménager l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem et de reconnaître donc la ville sainte comme la capitale d’Israël.

Plusieurs émeutiers palestiniens ont été blessés par des tirs antiémeute alors qu’ils jetaient des pierres sur des soldats israéliens et deux roquettes auraient été tirées vers Israël depuis la bande de Gaza, sans atteindre leur cible. Les violences pourraient monter d’un cran à l’occasion de la prière du vendredi, notamment sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem.

En attendant, les réactions continuent à pleuvoir.

"Nous considérons cette déclaration comme non-conforme au droit international."
charles michel
premier ministre belge

> Les Palestiniens

Le mouvement islamiste Hamas a parlé d’une "déclaration de guerre" des Etats-Unis contre les Palestiniens et appelé à une nouvelle intifada "contre l’ennemi sioniste". Du côté du Fatah, dont est issu le président palestinien Mahmoud Abbas, on semblait pour l’instant favoriser la voie pacifique, en appelant à une grève générale en Cisjordanie et à Jérusalem-Est (mouvement bien suivi). À Bethléem, les lumières de Noël ont été éteintes devant l’église de la Nativité.

Les observateurs s’interrogeaient sur la capacité et la volonté des Palestiniens à organiser une riposte même si plusieurs villes palestiniennes étaient déjà le théâtre de violences. En attendant, le Fatah tentait d’accélérer le processus au terme duquel le Hamas est censé lui transférer le pouvoir dans la bande de Gaza, histoire que les Palestiniens puissent afficher un front uni.

> Les Israéliens

"Le président Trump est entré à jamais dans l’histoire de notre capitale", a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahou. D’après lui, "beaucoup" de pays vont suivre l’exemple des Etats-Unis. Il n’a pas cité de noms cependant tandis que les autorités israéliennes se préparaient à affronter une nouvelle poussée de violence. L’armée israélienne a notamment envoyé des renforts en Cisjordanie occupée.

> Les pays musulmans

La Ligue arabe a décidé de se réunir samedi pour voir quelle réponse apporter à la décision américaine tandis que plusieurs pays musulmans (Jordanie, Tunisie, Turquie, Pakistan, etc.) étaient le théâtre de manifestations anti-américaines et anti-israéliennes. Evoquant une "agression" américaine contre les Palestiniens, le Hezbollah libanais a appelé "les Palestiniens, les Arabes et les musulmans (…) à se mobiliser rapidement et efficacement" et à résister. La milice irakienne de Noujaba, pro-iranienne (comme le Hezbollah), a jugé quant à elle qu’il était "légitime de frapper les forces américaines en Irak" alors qu’environ 5.000 militaires US sont actuellement présents sur le territoire irakien où ils ont aidé les autorités de Bagdad à défaire l’Etat islamique.

> Les Américains

Même s’il avait mis Trump en garde contre toute action déstabilisante qui mettrait en danger les Américains présents au Moyen- Orient, le secrétaire d’Etat US a affirmé que le Président avait exprimé "la volonté du peuple américain". Selon le New York Times, il aurait surtout exprimé la volonté de généreux donateurs juifs, à commencer par le magnat des casinos Sheldon Adelson. Trump aurait également voulu satisfaire les évangélistes. Reste que le Département d’Etat interdisait dès mardi à ses diplomates et à leur famille de se rendre dans la vieille ville de Jérusalem et dans la bande de Gaza, preuve qu’à Washington, on craint pour la sécurité des Américains.

> Les Européens

Même si tous les pays européens ne sont pas sur la même longueur d’ondes en ce qui concerne la manière d’aborder le conflit israélo-palestinien, la représentante de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini, a déclaré que l’Union avait "une position claire et unie" et appelé à une solution à deux Etats "avec Jérusalem comme capitale à la fois de l’Etat d’Israël et de l’Etat de Palestine".

"Nous condamnons cette déclaration", a de son côté expliqué le Premier ministre belge, Charles Michel, tout en plaidant en faveur d’un renforcement de la diplomatie européenne au Proche-Orient. Mogherini rencontrera le roi Abdallah de Jordanie (gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem) ce vendredi. Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l’UE recevront Netanyahou à Bruxelles.

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