Trump fait grimper les prix du pétrole à leur plus haut niveau en 2019

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Les cours du pétrole montent fortement alors que Donald Trump a indiqué ne pas renouveler les exemptions qui permettaient à certains pays de continuer à acheter le brut iranien.

Les prix du pétrole grimpent ce lundi, à un niveau encore jamais atteint cette année. La raison principale? Une possible contraction de l'offre étant donné que les États-Unis ont annoncé que dès le début du mois de mai, tous les acheteurs de pétrole iranien devront cesser leurs importations. Dans le cas contraire, ils feront l'objet de sanctions. "Les cours montent car les investisseurs anticipent une contraction de l'offre à court terme", a déclaré Benjamin Lu, analyste chez Phillip Futures. "Une interdiction des importations d'Iran va doper les prix du pétrole au deuxième semestre 2019".

"Cela apporte beaucoup plus d'incertitude en termes d'approvisionnement mondial", a abondé Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix. "C'est une surprise haussière pour le marché."

"Cela apporte beaucoup plus d'incertitude en termes d'approvisionnement mondial."
Olivier Jakob
Analyste chez Petromatrix

Le Brent, le pétrole brut de référence mondial, a augmenté de 3,3% pour atteindre 74,31 dollars le baril, son plus haut niveau depuis le 1er novembre, avant de redescendre à 71,91 dollars à 15h, soit une hausse de 0,38% par rapport à sa dernière clôture. Le West Texas Intermediate (WTI) aux États-Unis a grimpé de 2,9% pour atteindre 65,87 dollars le baril, soit le plus haut niveau depuis le 31 octobre. Il était à 63,99 dollars à 15h, en hausse de 0,39% par rapport à son règlement précédent.

Le président américain s'est exprimé vers 14h30 pour indiquer qu'il avait décidé de ne pas réémettre de dérogations sur l'achat de pétrole iranien et qu'il voulait réduire à néant les exportations de pétrole de la République islamique, privant ainsi le régime de sa principale source de revenus. Donald Trump a également déclaré que l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis compenseront la disparation des exportations pétrolières de l'Iran sur le marché mondial.

Les Etats-Unis ne feront pas cesser totalement les exportations de brut iranienne, a immédiatement répondu une source au ministère iranien du Pétrole. "Les exportations de pétrole iranien n'atteindront pas zéro quelles que soient les circonstances, sauf si les autorités iraniennes décident d'arrêter ces exportations et ce n'est pas le cas pour l'instant", a dit cette source citée par l'agence de presse Tasnim.

Des dérogations pendant 6 mois

Une nouvelle baisse des exportations iraniennes réduirait encore davantage l'offre dans un marché déjà resserré.

En novembre, les États-Unis ont réimposé des sanctions sur les exportations de pétrole iranien après le retrait unilatéral du président Donald Trump d'un accord nucléaire conclu en 2015 entre l'Iran et six puissances mondiales. Washington a toutefois accordé des dérogations aux huit principaux acheteurs de l'Iran - la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, Taiwan, la Turquie, l'Italie et la Grèce - ce qui leur a permis de continuer à faire des achats limités pendant six mois.

Une nouvelle baisse des exportations iraniennes va réduire encore davantage l'offre dans un marché déjà resserré par les sanctions américaines contre l'Iran et le Venezuela, ainsi que les coupures volontaires conduites par l'OPEP. 

Pression sur l'Asie

La fin des exemptions frapperait plus durement les acheteurs asiatiques.

La fin des exemptions va frapper plus durement les acheteurs asiatiques. Les plus gros clients pétroliers de l'Iran sont la Chine et l'Inde, qui ont tous deux fait pression pour une extension des dérogations aux sanctions. La perspective d'une réduction de l'offre iranienne a conduit à une réaction tout de même prudente du principal exportateur de l'OPEP, l'Arabie saoudite, un allié clé des États-Unis et une force motrice derrière l'accord de réduction de l'offre mené par l'OPEP.

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