Le Belge Mathias Cormann à la tête de l'Australie

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Mathias Cormann poursuit sa carrière politique en Australie. Ministre des Finances depuis 2013, il en devient le Premier ministre ad interim.

Quand on a grandi avec la passion de la politique chevillée au corps, tout peut arriver. Le Belge Mathias Cormann le sait mieux que quiconque, lui qui est ministre des Finances d’Australie depuis quatre ans. Suite à une crise politique, il deviendra, la semaine prochaine, Premier ministre ad interim du pays.

L’Australie est plongée en plein scandale. Le numéro deux du gouvernement australien, Barnaby Joyce, est tombé en disgrâce depuis la révélation de sa liaison extraconjugale avec une jeune femme, enceinte et de vingt ans sa cadette.

Joyce a commis l’erreur fatale de nommer sa maîtresse dans son cabinet ministériel, un acte impardonnable en Australie.

Le Premier ministre Malcolm Turnbull doit se rendre aux Etats-Unis pendant une semaine. Il sera remplacé par son grand argentier, Mathias Cormann, qui se retrouve aux commandes du pays. Un fait rare, car à peine trois sénateurs ont eu cet honneur dans l’histoire de l’Australie. Barnaby Joyce, qui devait remplacer Turnbull, a été mis en congé.

Mathias Cormann, qui a fait ses premiers pas en politique comme conseiller communal à Eupen, joue désormais un rôle clé dans son pays d’adoption. "Le sénateur Cormann est l’une des figures les plus performantes du gouvernement", lisait-on vendredi dans le quotidien The Australian.

Formé par les Jésuites de Namur, dont il a fréquenté la très réputée faculté de droit, et à la KUL à Leuven, Mathias Cormann a fait ses armes en politique comme assistant du député européen Mathieu Grosch (CSP, démocrate chrétien). Discret, modeste et d’une intelligence hors norme, il sort très vite sorti du lot.

Déçu par l’échec de Milquet

Repéré par une jeune sénatrice qui briguait la présidence du PSC, Joëlle Milquet, il fit partie de la garde rapprochée de la candidate. Un passage de sa vie peu connu, mais essentiel.

En 1995, Joëlle Milquet venait d’être adoubée dauphine par Gérard Deprez. Elle s’était entourée de jeunes conseillers prometteurs, parmi lesquels Mathias Cormann et Laurent Ledoux, qui, lui, devint patron du SPF Mobilité.

Les visions progressistes de l’équipe ne plurent guère à la base et Milquet fut évincée, à cinq ou six voix près, par un Charles Ferdinand Nothomb soutenu par l’aile dure du parti. L’équipe de "jeunes" fut dissoute.

Déçu par l’échec de son égérie, Mathias Cormann partit à Perth en Australie, retrouver une jeune fille qu’il avait rencontrée lors d’un premier voyage. Si l’heureuse élue ne le demeura que peu de temps, ce fut le coup de foudre entre Mathias et sa contrée d’adoption. Il renonça à la Belgique et s’y installer définitivement. Sans revenu, il travailla comme jardinier, en attendant que sa licence en droit soit reconnue.

Un coureur de fond

Mathias Cormann s’inscrit au parti libéral australien et, fort de sa première expérience, gravit les échelons au sein de cabinets ministériels. En 2001, il obtint une licence de pilote d’avion. Dans la foulée, il se marie et est engagé par le groupe d’assurance HBF.

À partir de là, plus rien ne l’arrête. En 2007, il est élu sénateur pour l’Australie orientale, un poste où il put se présenter suite à la démission du sénateur Ross Lightfoot, empêtré dans des affaires judiciaires et au départ du sénateur Ian Campbell. Trois ans plus tard, il devient le porte-parole du parti libéral.

En 2013, Cormann est nommé ministre des Finances dans le gouvernement du conservateur Tony Abbott. Quatre ans plus tard, il est toujours en poste.

Depuis lors, son influence sur la politique australienne ne cesse de croître. Sa citation favorite, "c’est un marathon pas un sprint", est plus que jamais emblématique du parcours de ce politicien progressiste, rigoureux et persévérant.

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