Donald Trump n'en a pas encore fini avec la Justice

Donald Trump, le 24/03/2019 ©EPA

Après plus de 22 mois d’enquête, le procureur spécial Robert Mueller, qui s’est appuyé sur une équipe de 19 juristes et d’une quarantaine d’agents fédéraux, conclut à l’absence de collusion avec la Russie lors la présidentielle de 2016.

C’est une victoire politique pour Donald Trump! Après deux ans d’enquête, le procureur spécial Robert Mueller n’a pas trouvé la preuve d’une collusion entre l’équipe de campagne du président et la Russie. La conclusion de son rapport, publiée dimanche par le ministre de la Justice William P. Barr, est sans appel: "Les investigations du procureur spécial n’ont pas déterminé que l’équipe de campagne Trump ou qui que ce soit associé à celle-ci se soit entendu ou coordonné avec la Russie dans ses efforts pour influencer l’élection présidentielle américaine de 2016".

Donald Trump s’est immédiatement réjoui sur Twitter: "Pas de collusion, pas d’obstruction, DISCULPATION complète et totale", a-t-il écrit.

Six commissions parlementaires

En réalité, la synthèse du rapport est un peu plus nuancée. "Tout en ne concluant pas que le président se soit rendu coupable d’un délit, peut-on lire, ce rapport ne le disculpe pas pour autant." C’est d’ailleurs sur ce point que les esprits s’échauffent: peut-on ou non accuser Donald Trump de délit d’entrave à la Justice? D’un côté, le ministre de la Justice estime que le rapport ne mentionne aucun délit. De l’autre, les démocrates demandent la publication du rapport complet, et jugent que la synthèse "pose autant de questions qu’elle apporte de réponses".

Certains proches du président estiment que sa réélection en 2020 est assurée.

Malgré ce point d’ombre, les conclusions du rapport donnent raison à Donald Trump. Elles font disparaître la menace d’une destitution et, surtout, vont lui permettre de consolider sa base d’électeurs qui, comme lui, accusait les démocrates de mener une "chasse aux sorcières". Certains proches du président estiment même que sa réélection en 2020 est assurée. Une conclusion un peu rapide car la fin de l’enquête Mueller ne signifie pas celle des autres investigations: six commissions parlementaires enquêtent sur la campagne de 2016, son comité d’investiture, sur son groupe immobilier, ou encore sur sa fondation caritative.

Divisions chez les démocrates

Donald Trump n’en a donc pas terminé avec la Justice. Mais il détient désormais un énorme avantage: le rapport Mueller était jusqu’ici la référence absolue et il devrait ainsi utiliser cet argument pour accuser ses adversaires d’acharnement.

Pour se donner une chance à l’élection présidentielle de 2020, les démocrates vont devoir adopter une stratégie commune. Entre les ténors du parti qui entendent obtenir la publication du rapport complet et même trouver des preuves d’obstruction à la Justice, et les nouveaux élus qui préfèrent se concentrer sur ce qui fait l’unanimité chez les électeurs comme les questions de santé et d’égalité sociale, les démocrates sont encore très divisés.

Mais les électeurs semblent de moins en moins intéressés par une destitution du président: selon un récent sondage de CNN, 68% des électeurs démocrates soutiennent un "impeachment" contre 80% il y a quelques mois.

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