analyse

Donald Trump veut rouvrir les entreprises américaines "très bientôt"

Le président des Etats-Unis Donald Trump veut rouvrir "très bientôt" les entreprises américaines, contre l'avis des scientifiques. ©AFP

Donald Trump insiste pour rouvrir les entreprises dans 15 jours, contre l'avis des scientifiques. Un vote était prévu dans la nuit de mardi au Sénat américain sur le plan de sauvetage économique de 2.000 milliards de dollars.

Le Sénat américain derait voter dans la nuit de mardi à mercredi un gigantesque plan de relance économique afin de lutter contre l'épidémie de coronavirus, selon des élus démocrates et républicains. Les négociateurs démocrates et républicains seraient proches d'un accord, selon plusieurs élus. 

Par deux fois, dimanche et lundi, les démocrates ont bloqué l'adoption du plan à 2.000 milliards de dollars proposé par l'administration Trump destiné à sauver l'économie américaine.

Pour le parti à l'âne, le projet comportait trop de mesures profitant aux grandes entreprises et non aux travailleurs. Il semble qu'ils aient fini par obtenir satisfaction lors d'intenses négociations ces derniers jours avec les républicains. C'est le troisième paquet de mesures prises par la Maison-Blanche depuis le début de la crise. Il devrait être adopté par la Chambre à majorité républicaine.

Trump veut rouvrir les entreprises

"L'Amérique sera à nouveau et bientôt ouverte aux affaires, très bientôt."
Donald Trump
Président des Etats-Unis

Le Président des États-Unis Donald Trump veut "rouvrir les entreprises dans 15 jours" contre l'avis des scientifiques. "L'Amérique sera à nouveau et bientôt ouverte aux affaires, très bientôt", a-t-il déclaré lundi pour appuyer son plan. "Si cela ne dépendait que des médecins, ils diraient de fermer le monde entier pendant quelques années", a-t-il ironisé.

L'Allemagne s'est indignée de ces propos, le ministre des Finances Olaf Scholz les qualifiant de "cyniques et irréfléchis". "Vous pouvez voir que des pays qui ont fait ce choix, comme le Royaume-Uni, ont changé d'avis", a-t-il dit au quotidien Bild. 

"Il faut écouter les scientifiques sur la stratégie de confinement et prendre des mesures pour limiter l'impact sur l'économie."
Grégory Claeys
Chercheur au "think thank" Bruegel

Pour Grégory Clays, chercheur au think tank économique Bruegel, "il ne faut pas opposer la situation économique et les mesures de santé", mais combiner les deux. "Il faut écouter les scientifiques sur la stratégie de confinement et prendre des mesures pour limiter l'impact sur l'économie", résume-t-il, "si l'État ne fait rien et que la croissance s'effondre, ce sera plus grave".

Le président américain s'est érigé en chef de guerre depuis le début de la crise. Mais il cache mal un état de panique régnant à la Maison-Blanche. Ses hésitations à prendre des décisions fermes pourraient accélérer la propagation de l'épidémie. "La première version du plan visait à protéger les grandes entreprises et non les citoyens. Or, la majorité des Américains qui perdent leur travail ne pourront plus profiter de leur assurance santé", ajoute Grégory Clayes.

Selon l'OMS, les États-Unis pourraient devenir l'épicentre de la pandémie. Le pays comptait ce mardi 42.000 personnes touchées par la maladie et plus de 500 morts.

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