L'Amérique divisée sur le procès de Trump

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Le procès en destitution de Donald Trump s’est ouvert ce mardi. C’est le troisième de l’histoire des Etats-Unis. La procédure s’annonce rapide et l’acquittement du Président américain à son issue fait peu de doute. L’opinion publique reste profondément divisée sur la question, qui rejaillit sur la campagne des primaires démocrates.

Le procès est lancé, le suspense est quasi nul. Pendant que les sénateurs s’écharpent sur le destin de Donald Trump, les Américains ont bien conscience que le dénouement de son procès en destitution est écrit à l’avance. Les républicains ont en effet une majorité suffisante pour l’acquittement du Président, accusé d’abus de pouvoir et d’entrave au Congrès. "La mascarade est terminée, un procès juste démarre maintenant", clame une vidéo diffusée mardi par les sénateurs républicains.

Hormis la microbulle de Washington qui suit chaque développement en direct, l’intérêt de l’opinion publique s’est essoufflé.

Hormis la microbulle de Washington qui suit chaque développement en direct, l’intérêt de l’opinion publique s’est essoufflé. Surtout, la polarisation est extrême et n’a pas changé au fil des semaines. Selon un dernier sondage conduit par SSRS pour CNN, 51% des Américains (principalement des démocrates) soutiennent la destitution de Donald Trump. Le Président américain a connu en 2019 sa plus grande popularité, avec une moyenne de 42% d’opinions favorables. Et sa base est plus solide que jamais, avec 89% de soutien parmi les républicains.

Chez les démocrates, l’affaire risque même de rejaillir sur les primaires. Quatre des candidats sont sénateurs: Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Amy Klobuchar et Michael Bennett. Ils sont de fait coincés à Washington puisqu’ils font office de jurés pendant le procès. Or celui-ci devrait, selon les règles annoncées par les républicains majoritaires, se tenir six jours sur sept, au moins huit heures par jour.

Biden, les oreilles qui sifflent

Les quatre prétendants ne pourront donc pas faire davantage campagne sur le terrain dans les premiers États qui votent: l’Iowa le 3 février et le New Hampshire le 11 février. C’est d’autant plus important pour leur candidature que l’indécision des électeurs est forte cette année. En Iowa, par exemple, la moitié des électeurs sont encore indécis ou avouent qu’ils pourraient changer d’avis, selon un récent sondage.

Ces démocrates devraient tenter de se rattraper en se servant du procès comme d’une tribune. Il ne serait pas étonnant de les voir se précipiter au micro des journalistes après les audiences chaque jour.

Joe Biden n’est pas sénateur et sera libre de battre le pavé de l’Iowa.

Quant à Joe Biden, il n’est pas sénateur et sera libre de battre le pavé de l’Iowa. Mais le favori de ces primaires aura les oreilles qui sifflent ces prochains jours. Son nom est en effet associé à l’affaire ukrainienne qui a mené à l’impeachment de Donald Trump. Certains républicains souhaitent même entendre son fils Hunter comme témoin lors du procès. Le jeune Biden travaillait pour une entreprise gazière ukrainienne faisant l’objet d’une enquête anti-corruption au moment où son père, alors vice-Président, a fait limoger le procureur chargé du dossier.

Reste que les républicains veulent aller vite: Donald Trump a tout intérêt à ce qu’ils ne s’éternisent pas sur le contenu de l’affaire et qu’ils l’acquittent au plus vite. C’est d’ailleurs ce que les avocats du Président ont réclamé. Le milliardaire espère bien être blanchi d’ici le 4 février, jour prévu pour son dernier discours sur l’état de l’Union avant la présidentielle.

davos | passe d’armes entre trump et greta thunberg

La passe d’armes était annoncée et elle a eu lieu, au moins par discours interposés: le président américain Donald Trump a fustigé mardi à Davos les "prophètes de malheur et leurs prédictions d’apocalypse" sur le climat. La militante Greta Thunberg a répété: "Notre maison brûle toujours. Votre inaction alimente les flammes heure par heure. Nous vous disons à nouveau qu’il faut paniquer, et agir pour l’amour de vos enfants."

À Davos, Trump a également qualifié son procès en destitution de "farce" et de "chasse aux sorcières".

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