La Fed divisée sur l'évolution des taux en 2018

Janet Yellen ©REUTERS

Les membres de la Banque centrale américaine sont plutôt divisés sur l'évolution des taux en 2018.

Les membres de la Réserve fédérale américaine (Fed) se sont montrés plutôt divisés sur l'évolution des taux d'intérêt en 2018 lors de leur dernière réunion monétaire, où ils se sont aussi interrogés sur l'ampleur de l'impact des réductions d'impôts, selon un compte-rendu publié ce mercredi. De nombreux responsables s'attendent toutefois à ce qu'elles soutiennent la consommation et l'investissement, mais un certain nombre de participants s'interrogent sur "la magnitude" de ce soutien aux consommateurs.

Certains membres doutent que cette manne financière soit réinvestie dans l'outil de production et pensent qu'elle pourrait "plutôt être utilisée pour des fusions-acquisitions, une réduction de l'endettement et des rachats d'actions".
Fed

Du côté des entreprises, qui voient leur taux d'imposition baisser de 35% à 21%, l'effet sur les investissements est "incertain". Certains membres doutent que cette manne financière soit réinvestie dans l'outil de production et pensent qu'elle pourrait "plutôt être utilisée pour des fusions-acquisitions, une réduction de l'endettement et des rachats d'actions".

Deux membres du Comité monétaire avaient voté contre la décision de relever les taux d'intérêt d'un quart de point de pourcentage lors de la réunion monétaire du 13 décembre. Pour 2018, alors que les projections médianes tablent sur trois nouvelles hausses, "quelques participants" se sont dits "pas à l'aise avec le degré de resserrement monétaire envisagé". "Quelques autres", en revanche penchent pour une accélération des hausses de taux vers la fin de 2018.

L'inflation en catalyseur

La clé de cette distorsion de points de vue réside dans l'évaluation des perspectives d'inflation. A 1,8% en rythme annuel pour l'instant, selon l'indice PCE, l'évolution des prix reste en dessous de l'objectif de la Fed, qui est de 2%. "Beaucoup" de membres du Comité estiment que "les pressions associées au resserrement du marché de l'emploi devraient conduire à une inflation plus forte à moyen terme".

Certains jugent néanmoins que "l'innovation technologique ou la globalisation ont peut-être un impact sur la concurrence et affectent le niveau des prix en éteignant les tensions inflationnistes".
Fed

Ils jugent que la faiblesse de l'inflation est due à des "facteurs temporaires". Le taux de chômage est tombé à 4,1% en novembre et devrait encore reculer à 3,9% cette année, selon les projections de la Fed, entraînant théoriquement une hausse des salaires puis des prix, qui tarde pourtant à se manifester. Certains jugent néanmoins que "l'innovation technologique ou la globalisation ont peut-être un impact sur la concurrence et affectent le niveau des prix en éteignant les tensions inflationnistes".

Mais bien que la balance des risques "soit équilibrée" en matière d'inflation, les membres du Comité ont aussi évoqué la possibilité d'une accélération plus rapide de la hausse des prix "si la production s'accroît au-delà de son potentiel, peut-être du fait du stimulus fiscal et des conditions financières favorables".

Janet Yellen, qui préside actuellement le Comité, sera remplacée en février par Jérôme Powell, nommé par Donald Trump.

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