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Le Collège électoral va élire Trump

©REUTERS

C’est lundi que les grands électeurs doivent confirmer la victoire de Trump à la présidentielle américaine. D’aucuns espèrent encore un rebondissement.

Lundi, les 538 membres du collège électoral américain se réuniront, chacun dans la capitale de leur État, pour élire le successeur de Barack Obama. Leurs votes, envoyés par la poste, seront dépouillés le 6 janvier au Congrès. Il ne s’agit généralement que d’une formalité qui relève plutôt du "folklore" électoral américain que l’on a parfois tellement difficile à comprendre en dehors des Etats-Unis. Sauf que l’élection présidentielle cuvée 2016 aura été particulière à plus d’un égard, qu’il s’agisse de la personnalité atypique de Donald Trump, le vainqueur du scrutin, ou du fait que sa rivale démocrate, Hillary Clinton, l’ait battu par près de 3 millions de voix au vote populaire. Et d’aucuns espèrent dès lors que certains grands électeurs censés être acquis à Trump décident finalement de lui tourner le dos.

Les grands électeurs

Les grands électeurs ont été sélectionnés dans chaque État par les dirigeants des deux grands partis. Une fois que les résultats de l’élection du 8 novembre sont tombés, n’ont été retenus que ceux sélectionnée par le parti vainqueur. À titre d’exemple, la Californie a voté pour Hillary Clinton et ses 55 grands électeurs qui voteront lundi sont ceux qui avaient été choisis par la branche californienne du parti démocrate. Au Texas, où c’est Trump qui s’était imposé, les 38 grands électeurs retenus sont républicains. Seuls deux États font exception à la règle: le Nebraska et le Maine où les grands électeurs sont sélectionnés proportionnellement aux voix obtenues par les deux candidats à la présidentielle.

Dans un peu plus de la moitié des cas, les grands électeurs doivent obligatoirement voter pour le candidat qui l’a remporté dans leur État. Dans les autres États, ils pourraient voter en leur âme et conscience. Ce qui ne veut pas dire qu’ils voteraient pour l’autre candidat du scrutin présidentiel. Ils pourraient avancer le nom d’une tierce personne. C’est ce que fera Christopher Suprun, un ex-pompier du Texas qui a décidé de donner sa voix au gouverneur républicain de l’Ohio, John Kasich.

Possibilité de blocage

Plusieurs grands électeurs démocrates ont rassemblé leurs forces pour encourager d’autres gestes de dissidence dans les rangs républicains. Ils ont fait leur calcul: il leur faudrait convaincre 36 républicains de suivre l’exemple de Suprun pour priver Trump des 270 votes nécessaires. D’autres ont demandé à ce que tous les grands électeurs soient préalablement informés par les autorités US au sujet du piratage informatique dont a été victime le clan Clinton et qui a été téléguidé par Moscou. Leur espoir: influencer le vote en défaveur de Trump. Sans parler des milliers de messages que reçoivent chaque jour de nombreux grands électeurs républicains de la part de citoyens leur demandant, leur implorant parfois, de ne pas voter pour le Président élu.

Que se passerait-il si l’on en arrivait à un tel blocage? Il y aurait fort peu de chances que Clinton obtienne les 270 votes nécessaires étant donné que les grands électeurs républicains rebelles voteraient probablement pour un autre membre de leur parti. Et sans vainqueur, ce serait à la Chambre des représentants, à majorité républicaine, de débloquer la situation en élisant elle-même le Président. Pour ce qui est de la probabilité de voir les grands électeurs créer la surprise lundi, l’agence de presse américaine AP a fait sa petite enquête auprès de 330 des 570 grands électeurs. Seul un républicain interrogé s’est dit prêt à ne pas voter Trump…

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