Le deuxième accord USA-Chine s'annonce beaucoup plus délicat

Le président américain Donald Trump et le négociateur en chef chinois Liu He ©AFP

La "phase 1" finalement signée à Washington reste à avancer sur le cœur du conflit qui oppose Pékin et Washington: les subventions massives aux industries lourdes chinoises.

Un premier accord est signé mais la partie ne fait que commencer entre Pékin et Washington. Les négociations concernant la "phase 2" ont déjà commencé mais côté américain on ne semble pas pressé. "Je pense que j’aurai peut-être envie d’attendre jusqu’après l’élection avant de conclure", explique Donald Trump.

En clair, le locataire de la Maison-Blanche voudrait attendre la présidentielle de novembre pour éventuellement signer un deuxième accord avec la Chine qui, de toute façon, s’annonce beaucoup plus délicat que le premier car il porte sur les divergences de fond, à savoir les subventions chinoises de leurs grandes entreprises et le bras de fer pour la suprématie technologique.

Bataille serrée

En annonçant d’emblée que cette seconde phase sera reportée à la fin de l’année, Donald Trump se prépare donc à une bataille serrée. D’abord Steven Mnuchin, son secrétaire au Trésor a bien confirmé que certaines surtaxes seraient maintenues en attendant la signature de la phase 2, ce qui fait peser sur la Chine une pression qualifiée d’"inacceptable" par Pékin.

"Peut-on faire confiance aux Etats-Unis?", s’interroge ainsi l’éditorialiste du Global Times, le quotidien porte-voix du Parti communiste chinois qui pense que les Etats-Unis surenchérissent en permanence pour faire plier Pékin.

Le gouvernement chinois ne semble pas prêt de lâcher aussi facilement que pour la "phase 1".

À ce jeu de poker menteur, le gouvernement chinois ne semble pas prêt de lâcher aussi facilement que pour la phase 1. Car il s’agit en effet du corps même de son économie basée sur des subventions massives aux industries lourdes, comme l’acier et le charbon, et à des entreprises d’État largement subventionnées et en situation de monopole le plus souvent.

Il touche également le cœur du plan "China 2025" du président Xi Jinping qui prévoit des investissements massifs de la Chine dans le domaine des nouvelles technologies pour concurrencer, voire dépasser les Etats-Unis d’ici cinq ans.

La Chine, cette fois, ne pourra pas s’en sortir en achetant à tour de bras des produits américains et il lui faudrait revoir en profondeur sa feuille de route économique, ce qu’elle ne semble pas disposée à faire alors que la croissance y est au plus bas depuis trente ans.

Seule bonne nouvelle pour Pékin, les bons chiffres de ses exportations vers l’Asie du Sud-Est qui compensent, en partie seulement, le commerce avec les Etats-Unis. Le fameux "découplage" des économies chinoises et américaines est encore loin mais il semble en bonne voie selon ces derniers chiffres, ce qui donne à Pékin une nouvelle carte pour négocier avec Washington cette "phase 2".

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