Le procès de Donald Trump va pouvoir démarrer

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La Chambre des représentants doit voter ce mercredi pour transmettre les articles d’impeachment au Sénat où la majorité républicaine bute toujours sur la possibilité d’entendre des témoins lors du procès.

Près d’un mois après le vote de l’impeachment de Donald Trump, Nancy Pelosi s’est finalement décidée. La patronne des démocrates à la Chambre des représentants a annoncé mardi qu’un vote se tiendrait ce mercredi pour renvoyer les articles de l’acte d’accusation devant le Sénat. La Chambre basse devra aussi désigner les "House managers", les envoyés qui défendront les arguments des démocrates devant la Chambre haute.

La tension monte déjà au sein de la majorité républicaine. Au cœur du problème: faut-il prendre le risque d’entendre de nouveaux témoins?

Le procès devrait démarrer mardi prochain au Sénat. Les républicains comptent 53 sénateurs sur 100 et ont besoin de 51 voix pour faire passer une motion. Cette majorité devrait permettre d’acquitter facilement le Président américain accusé d’abus de pouvoir et d’entrave à la bonne marche du Congrès. Il éviterait ainsi la destitution.

Témoins

Pourtant, la tension monte déjà au sein de la majorité républicaine. Au cœur du problème: faut-il prendre le risque d’entendre de nouveaux témoins? Certains sont ouverts à cette idée. Parmi eux, le sénateur de l’Utah Mitt Romney, ouvertement anti-Trump, le sénateur du Tennessee Lamar Alexander, qui prend sa retraite en fin d’année, ou encore les sénatrices modérées Lisa Murkowski (Alaska) et Susan Collins (Maine).

Les démocrates souhaitent entendre plusieurs personnages clés de l’affaire ukrainienne. En particulier John Bolton, l’ancien conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche connu pour ses prises de notes détaillées. Il a indiqué être prêt à donner sa version des faits aux sénateurs. Selon un récent sondage, 66% des Américains souhaitent l’entendre.

Dans une interview sur Fox News vendredi dernier, Donald Trump a signalé que si John Bolton (ou d’autres membres de son administration) était appelé officiellement à témoigner, il invoquerait de son côté le privilège de l’exécutif pour le forcer au silence. Les sénateurs républicains les plus fidèles à Donald Trump estiment, eux, que si John Bolton est appelé à la barre, alors les témoins réclamés par les républicains, comme le démocrate Joe Biden et son fils Hunter, devraient subir le même sort.

Suspense

Depuis la Maison-Blanche, le président donne des injonctions contradictoires, souvent à coup de tweets, à sa majorité dont il attend une loyauté sans faille. Il a ainsi exigé ce week-end que les puissants démocrates Adam Schiff et Nancy Pelosi, qui ont tiré les ficelles de son impeachment, soient entendus comme témoins. Quelques heures plus tard, le chef de l’État estimait que les charges retenues contre lui devraient être annulées avant même que le procès commence.

Cette possibilité, réclamée par l’aile dure républicaine mais pas par l’ensemble de la majorité qui préfère un acquittement en bonne et due forme, semble s’éloigner. Selon la presse américaine, les sénateurs républicains pourraient fixer les règles du procès à l’image de celui de Bill Clinton. Les élus devraient ainsi écouter les arguments des "House managers" ainsi que ceux des avocats de Donald Trump avant de voter sur l’appel éventuel de témoins à la barre. De quoi entretenir le suspense quelques jours de plus.

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