"Les droits de douane feront plus de mal que de bien" aux Etats-Unis

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Représailles, forte inflation... les économistes américains sont inquiets face aux droits de douane imposés par Donald Trump sur les importations américaines d'acier et d'aluminium.

Les nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump sur les importations d'acier et d'aluminium feront plus de mal que de bien à l'économie américaine, estime une majorité d'économistes.

Ils sont ainsi 104 à avoir été sondés entre le 5 et le 13 mars. Nombre d'entre eux prédisent des révisions à la hausse des taux par la banque centrale américaine, mais surtout, ils redoutent une guerre commerciale. 

"Ce n'est pas nouveau. Nous avons déjà eu des batailles commerciales par le passé. Mais ce qui est différent cette fois, c'est la persévérance et le sentiment que nous ne voyons que la partie émergée de l'iceberg sur le protectionnisme", a déclaré Ethan Harris, responsable de l'économie mondiale chez Bank of America. "Ce qui est aussi inquiétant ici, c'est le risque de dérapage. Il n'y a aucun signe de relâchement dans cette course vers le protectionnisme au regard de la fréquence des nouvelles propositions qui augmente. Ce serait très surprenant qu'il n'y ait pas avec le temps des mesures de rétorsion calculées de la part des grands partenaires commerciaux."

Les barrières douanières auront des effets plus négatifs que positifs, pensent près de 80% des 60 économistes s'étant exprimés sur cette question en particulier. Les autres jugent que leur effet sera neutre ou marginal. Personne ne considère toutefois qu'elles apporteraient un soutien à l'économie.

Quels sont les risques?

Les représailles: "Les tarifs douaniers sont susceptibles de faire l'objet de représailles de la part des partenaires commerciaux des Etats-Unis et de rater complètement leur objectif car la Chine est en grande partie hors d'atteinte. Ils peuvent provoquer une très forte inflation et saper la croissance économique mondiale", note Stefan Koopman, économiste de marché chez Rabobank.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a déjà indiqué mardi que l'économie mondiale devrait connaître cette année sa croissance la plus solide depuis 2011, mais elle a mis en garde contre une escalade protectionniste qui pourrait nuire à ses perspectives.

Impact sur l'inflation: Les économistes s'attendent à une hausse de la croissance et de l'inflation cette année aux Etats-Unis, avec un indice des prix "core PCE" qui devrait atteindre l'objectif de 2% de la Fed au troisième trimestre et un produit intérieur brut (PIB) en rythme annualisé compris entre 2,5% et 3% chaque trimestre.

Conséquences à long terme: Si la plupart d'entre eux s'accordent sur le fait que la réforme fiscale américaine et la hausse des dépenses budgétaires profiteront à l'économie cette année, ils sont en revanche divisés sur les conséquences à long terme. 31 économistes sur 58 ont dit ne pas être inquiets mais 27 ont dit l'être; quatre d'entre eux se disant très préoccupés quant au calendrier de cette politique de soutien budgétaire à l'activité à ce stade d'un cycle déjà bien entamé. La probabilité médiane d'une récession dans l'année à venir est de 13%, en légère hausse par rapport aux 10% de l'enquête de novembre.

  Qu'attendre de la Banque centrale?

Selon les économistes, la banque centrale américaine relèvera ses taux la semaine prochaine, avant trois autres hausses dans le courant de l'année. Ils expliquent cela par la robustesse du marché du travail. Il y a quelques semaines, ils ne tablaient que sur trois hausses pour l'ensemble de l'année.

→ la banque centrale américaine relèvera son objectif de taux des "fed funds" de 25 points de base à 1,50-1,75% à l'issue de sa réunion des 20 et 21 mars. Elle répétera cette opération à trois reprises, une fois par trimestre. Les taux devraient atteindre 2,25 à 2,50% d'ici fin 2018.

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