Trump attaque Deutsche Bank en justice

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Donald Trump et ses enfants veulent empêcher la banque allemande de fournir des informations financières à deux commissions parlementaires américaines.

La Trump Organization et les trois enfants aînés du président américain, Donald Jr, Eric, et Ivanka Trump, ont intenté un recours devant un tribunal new-yorkais contre Deutsche Bank et Capital One lundi soir. Objectif de la manœuvre: empêcher les deux banques, et en particulier Deutsche Bank, de transmettre des informations au Congrès américain sur leurs liens financiers avec l’empire Trump. La semaine dernière, Trump avait déjà déposé plainte pour empêcher le cabinet comptable Mazars USA, avec lequel travaille son entreprise, de transmettre des documents concernant ses avoirs financiers au Congrès.

Le 15 avril dernier, les commissions des Affaires financières et du Renseignement de la Chambre des représentants avaient délivré à plusieurs institutions financières, dont Deutsche Bank, des assignations à leur transmettre une multitude de documents financiers concernant la Trump Organization, ses filiales et partenaires, dont des relevés bancaires. La banque allemande comptait commencer à transmettre au Congrès les documents demandés à compter du 6 mai. Or, ces documents pourraient s’avérer particulièrement gênants, notamment s’il s’avère que Trump a menti sur ses avoirs financiers. D’où la plainte déposée lundi soir.

La plainte

Dans leur plainte, les plaignants parlent de harcèlement à l’encontre de Donald Trump et ils accusent les commissions parlementaires, dirigées par des démocrates depuis janvier, de vouloir mettre leur nez dans les affaires personnelles du président et de sa famille. Pour eux, la manœuvre aurait une finalité politique et serait tout bonnement illégale. Ils affirment par ailleurs avoir cherché à obtenir, sans succès, des renseignements au sujet des assignations auprès de représentants des deux commissions parlementaires. C’est finalement Deutsche Bank, elle-même, qui les aurait informés de la nature des assignations.

"Nous restons déterminés à fournir les information appropriées dans le cadre de toutes les enquêtes autorisées et respecterons une ordonnance du tribunal concernant ces enquêtes."
Kerrie McHugh
Porte-parole de Deutsche Bank

Réagissant à la nouvelle, Kerrie McHugh, l’une des porte-parole de la banque allemande, a affirmé que Deutsche Bank restait "déterminée à fournir les informations appropriées dans le cadre de toutes les enquêtes autorisées et respectera une ordonnance du tribunal concernant ces enquêtes".

Reste à voir si la justice new-yorkaise décidera de se mettre en travers d’enquêtes parlementaires. D’autant qu’elle a elle-même ouvert une enquête au civil en mars dernier sur les liens entre Deutsche Bank et la Trump Organization. Elle avait alors demandé à la banque allemande de lui fournir des documents en rapport avec des demandes de prêts, des hypothèques, des lignes de crédit et autres transactions financières concernant notamment trois des hôtels de la Trump Organization, dont le Trump International Hotel de Washington DC. D’après la presse américaine, Deutsche Bank aurait commencé à fournir les informations demandées la semaine dernière.

Des liens troubles

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Tant la Chambre des représentants que la justice new-yorkaise cherchent à savoir pourquoi la banque allemande a continué à prêter des centaines de millions de dollars à Trump après que toutes les autres grandes banques lui aient tourné le dos dans les années 90. Même après s’être vue attaquer en justice par la Trump Organization en 2008, une affaire qui s’est finalement réglée loin des tribunaux, la banque allemande n’a pas coupé les ponts, au contraire même. Ces dernières années, elle aurait encore prêté plus de 300 millions de dollars à l’empire Trump.

Les députés démocrates soupçonnent notamment la Trump Organization, désormais dirigée par ses deux fils aînés, d’avoir participé à des opérations de blanchiment d’argent pour le compte d’oligarques russes. Des opérations auxquelles la Deutsche Bank pourrait avoir participé. Entre 2015 et 2017, la banque avait déjà fait l’objet d’une enquête menée de front par les régulateurs financiers américains et britanniques au sujet d’opérations de blanchiment d’argent pour le compte d’investisseurs russes. Elle s’en était tirée avec deux grosses amendes totalisant 630 millions de dollars.

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