Trump veut recaler l'accord nucléaire avec l'Iran

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Trump s’apprêterait à décertifier l’accord nucléaire avec l’Iran. Le Congrès américain aurait alors 60 jours pour décider de lever ou non de nouvelles sanctions contre l’Iran dans le dossier nucléaire. Rien n’indique qu’il le ferait alors que de nombreux élus américains, même opposés à l’accord, estiment qu’il ne faut surtout pas en claquer la porte.

Le Président américain aura subi des pressions de toutes parts - en interne comme de la part de ses alliés européens – pour ne pas recaler l’accord nucléaire iranien en refusant de le certifier. Il s’apprêterait toutefois à le faire vendredi à l’occasion d’un discours qu’il doit faire à 18h45 (heure belge) sur le durcissement de la politique américaine à l’encontre de l’Iran.

En refusant de certifier l’accord nucléaire parce qu’il estime que Téhéran n’en respecte pas les termes (contrairement à ce qu’affirme l’Agence internationale de l’énergie atomique), Trump ne l’enterrerait pas réellement.

60 jours
En refusant de certifier l’accord nucléaire, Trump renverrait la patate chaude au Congrès qui aurait 60 jours pour décider de réactiver ou non les sanctions progressivement levées à partir de janvier 2016.

Il renverrait la patate chaude au Congrès qui aurait 60 jours pour décider de réactiver ou non les sanctions progressivement levées à partir de janvier 2016 après que l’AIEA a constaté que l’Iran avait effectivement pris les mesures requises par l’accord.

Si le Congrès décide de remettre en place des sanctions liées au dossier nucléaire (celles liées aux droits de l’homme et au terrorisme n’ont jamais cessé d’être appliquées), cela reviendra pour les Etats-Unis à quitter l’accord dont on imagine mal comment il survivrait à un tel développement, et ce même si les Américains n’en sont pas les seuls signataires face à l’Iran (le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Russie, la Chine et l’Union européenne l’ont également signé).

Conséquences

Comment les Etats-Unis pourraient-ils encore tenter de négocier une désescalade avec Pyongyang s’ils se montrent capables de renier leur parole face à l’Iran?

Les implications d’un tel cas de figure seraient potentiellement désastreuses en termes de relations avec l’Iran (d’autant qu’Iraniens modérés et ultra-conservateurs ont montré un front uni contre Washington ces derniers jours), de stabilité dans une région déjà secouée par son lot de crises, et même de relations transatlantiques alors que les Européens ne veulent surtout pas que le rapport capote (ni les Russes ni les Chinois).

Mais cela pourrait également avoir un impact sur un autre dossier ultra-chaud: le nucléaire nord-coréen.

"L’Iran est plus uni que jamais. Aujourd’hui, ceux qui s’opposent à l’accord nucléaire et ceux qui le soutiennent sont côte à côte."
Hassan Rohani
Président iranien

Comment les Etats-Unis pourraient-ils encore tenter de négocier une désescalade avec Pyongyang s’ils se montrent capables de renier leur parole face à l’Iran? C’est ce que craignent plusieurs conseillers et proches du président Trump, à commencer par son secrétaire d’Etat Rex Tillerson et le chef du Pentagone, James Mattis, des hommes aux logiques bien moins belliqueuses et plus éclairées que leur patron.

De nombreux élus républicains et démocrates, dont ceux qui s’étaient prononcés contre l’accord nucléaire sous l’administration Obama, partagent les mêmes inquiétudes. Rien n’indique donc qu’ils suivraient Trump vers une sortie de l’accord. Ni même que c’est réellement ce que recherche le Président qui pourrait se contenter de l’ajout de nouvelles clauses à l’accord (ce sera difficile, voire impossible à négocier toutefois) ou de l’adoption de sanctions internationales contre l’Iran suite à ses essais balistiques.

Inquiétudes européennes

Côté européen, on s’affaire depuis plusieurs semaines à dissuader l’administration Trump et le Congrès de claquer la porte de l’accord, même si l’on partage les inquiétudes des Américains face à l’influence déstabilisatrice de l’Iran au Proche-Orient et à ses ambitions balistiques.

Côté européen, on s’affaire à dissuader l’administration Trump de claquer la porte de l’accord, car les entreprises européennes lorgnent sérieusement le marché iranien.

C’est que les entreprises européennes lorgnent sérieusement le marché iranien. Même si, hormis les français Total et Airbus, peu se sont réellement lancés dans l’aventure (obtenir des financements reste une sinécure et les incertitudes concernant les intentions de Washington ne sont pas pour rassurer les investisseurs étrangers), le potentiel économique est énorme en Iran.

Comme les risques encourus par les entreprises européennes y faisant affaire en cas de nouvelles sanctions américaines qui pourraient les viser (in)directement.

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