Au Congo, l'élection présidentielle reportée à 2017... au plus tôt

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L'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), jusqu'alors prévue en novembre prochain, n'aura pas lieu avant juillet 2017 au plus tôt, a annoncé samedi la commission électorale, ce qui signifie que Joseph Kabila restera au pouvoir après la fin de son mandat en décembre.

Le report du scrutin, justifié par un manque de fonds et le retard pris dans l'enregistrement des nouveaux électeurs, était attendu mais il risque de relancer la contestation politique. Des dizaines d'opposants ont été arrêtés ou tués pendant des manifestations anti-Kabila depuis l'an dernier.

Il faudra 16 mois pour mener à bien l'enregistrement des quelque 30 millions d'électeurs, entamé en mars, a déclaré le président de la commission électorale, Corneille Nangaa, aux représentants des partis politiques réunis à Kinshasa.

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders qualifie l'annonce des autorités congolaises vendredi de la libération de prisonniers politiques en République démocratique du Congo (RDC) et de la réouverture de certains médias de "pas important dans la bonne direction", annonce-t-il dans un communiqué samedi.

Le ministre dit se réjouir "en particulier de la libération annoncée de militants de la société civile, comme Christopher Ngoyi, Fred Bauma, Yves Makwambala et Jean-Marie Kalonji". Il affirme espérer qu'il ne s'agira pas des seules libérations de personnes "poursuivies ou condamnées pour des raisons politiques en RDC" et "qu'il sera mis fin aux poursuites à caractère politique afin de permettre au dialogue de démarrer dans un climat plus serein".

"La Belgique continue par ailleurs à encourager tous les acteurs politiques à participer à un dialogue permettant d'organiser les prochaines élections dans de bonnes conditions et à brève échéance", conclut le communiqué. 

La Cour constitutionnelle congolaise a statué en mai que Joseph Kabila pourrait rester au pouvoir en cas de report des élections. La Constitution interdit au chef de l'Etat de se présenter au terme de son second mandat, en décembre. Pour l'opposition,le report des élections n'est qu'un prétexte pour lui permettre de se maintenir à la présidence.

Selon certains analystes politiques, la présidentielle ne devrait pas avoir lieu avant 2018, voire 2019, Joseph Kabila ayant dit ce mois-ci que le nouveau calendrier électoral ne serait pas finalisé tant que le processus d'enregistrement des électeurs ne sera pas terminé.

Le gouvernement de Kinshasa a de son côté indiqué qu'il entendait organiser les scrutins municipaux et provinciaux avant l'élection du nouveau chef de l'Etat.

L'opposition congolaise a d'ores et déjà montré son mécontentement. La coalition des forces d'opposition congolaise, le "Rassemblement" récemment créé à Bruxelles, a annoncé son refus de participer aux travaux préparatoires du "dialogue national", convoqués mardi par le facilitateur de l'Union africaine (UA), en vue d'"élections apaisées". Le "Rassemblement" qui s'est réuni "en urgence" considère la décision du facilitateur "comme une provocation (...)", lit-on dans un communiqué reçu par l'AFP. La coalition "demande à l'ensemble (du) peuple de se mobiliser comme un seul homme en vue de faire échec à cette énième forfaiture en observant une journée morte ce mardi 23 août".

Le facilitateur, l'ex-Premier ministre togolais Edem Kodjo, avait "convié" les délégués mandatés par les organisations politiques et la société civile à prendre part aux travaux du comité préparatoire du "dialogue national" mardi, selon un communiqué diffusé plus tôt samedi.

Le Mouvement de libération du Congo (MLC), deuxième force à l'Assemblée nationale, a également exclu toute participation au dialogue. Le mouvement a fait savoir, par le sénateur Jacques Djoli, "ne pas être concerné par cette démarche extra-constitutionnelle".

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