Burkina Faso: le président est libéré

©REUTERS

Le général Gilbert Diendéré, chef de la junte militaire qui s'est emparée du pouvoir au Burkina Faso, a annoncé la libération du président de transition Michel Kafando et de deux ministres de son gouvernement, deux jours après leur arrestation. Les frontières sont rouvertes.

Les putschistes qui ont pris le pouvoir au Burkina Faso ont libéré le président de transition Michel Kafando ainsi que deux ministres qui avaient été pris en otage mercredi. Le premier ministre Isaac Zida, pris en otage avec les trois autres, est en revanche toujours aux mains des ravisseurs, indique la radio locale Omega.

  • Zida est considéré comme le rival politique du nouvel homme fort, le militaire Gilbert Diendéré.

Les putschistes ont également annoncé la réouverture des frontières terrestres et aériennes du pays (depuis14h, heure de Bruxelles).

Des représentants de la société civile burkinabè ont exigé le départ des militaires putschistes qui ont renversé les institutions de transition du Burkina Faso, et annoncé préparer un "front commun de résistance". "Il y a une condition qui est non négociable, c'est le départ de (Gilbert) Diendéré (chef des putschistes)", a déclaré le porte-parole des organisations de la société civile, Me Guy-Hervé Kam, joint au téléphone par l'AFP depuis Abidjan. "Nous n'allons pas céder à la barbarie", a-t-il ajouté. Les putschistes "sont là mais la résistance s'organise. La société civile, les syndicats et les partis politiques vont former le front commun de la résistance. Nous allons lancer dans les prochaines heures un appel commun", a-t-il annoncé.

Le général Gilbert Diendéré, chef des putschistes et fidèle de l'ex-président Compaoré. ©AFP

Jeudi, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), unité d'élite de l'armée, a pris le pouvoir, accusant les autorités installées après la chute de Blaise Compaoré d'avoir dévoyé la transition, notamment en excluant les partisans de l'ex-homme fort des prochaines élections. Le général Gilbert Diendéré, chef des putschistes et fidèle de l'ex-président Compaoré, a été porté jeudi par les putschistes à la tête d'un "Conseil national pour la démocratie" (CND). Mais il a récusé tout téléguidage de Blaise Compaoré dans les événements.

Homme de l'ombre jusqu'à présent, le général Diendéré avait été impliqué dans le coup d'Etat qui porta au pouvoir son mentor en octobre 1987, au cours duquel avait été assassiné le capitaine Thomas Sankara, "père de la révolution" burkinabè.

Le nouvel homme fort du Burkina justifie notamment le coup d'Etat par la "loi électorale qui a créé beaucoup de frustrations parmi les potentiels candidats", en référence à un nouveau code électoral controversé interdisant aux partisans de l'ancien président de concourir au prochain scrutin.

Soupçonné par de nombreux Burkinabè d'être téléguidé par Blaise Compaoré, il a affirmé que l'ex-président n'était pas derrière ce putsch et assuré ne pas avoir eu de contact avec lui, "ni avant cette opération, ni après".

Ce coup d'Etat militaire intervient alors que ce pays de 17 millions d'habitants, enclavé au coeur du Sahel, se préparait à des scrutins présidentiel et législatifs le 11 octobre, censés clore la transition ouverte après la chute de Blaise Compaoré il y a moins d'un an.

"Notre souhait, c'est de nous réorganiser et d'aller rapidement aux élections", a affirmé le général Diendéré, ancien chef du RSP sous le régime Compaoré, porté par les putschistes à la tête de leur "Conseil national pour la démocratie" (CND). "Mais nous pensons discuter de cela avec les acteurs qui sont concernés notamment les partis politiques et les organisations de la société civile", a-t-il ajouté. Jeudi soir, le général Diendéré avait déjà commencé à recevoir des diplomates étrangers.

"Dans tous les cas nous n'avons pas l'intention de nous éterniser, nous n'avons pas l'intention de rester", a-t-il assuré.

Le putsch a été unanimement condamné par la communauté internationale: l'ONU, l'Union africaine, l'Union européenne, la Cédéao.Le RSP, qui compte 1.300 hommes, avait déjà à plusieurs reprises perturbé la transition et le coup d'Etat intervient deux jours après qu'une commission du régime de transition eut recommandé la dissolution de cette unité pour la fondre dans les effectifs du reste de l'armée, restée très discrète depuis mercredi.

Les Affaires Etrangères conseillent aux Belges présents au Burkina Faso ou ayant l'intention de s'y rendre de rester très prudents:

"Les frontières et l'aéroport sont fermés en ce moment. Un couvre-feu a été instauré (19h00 – 06h00). Il est conseillé aux Belges qui se trouvent sur place de limiter leurs déplacements au strict minimum. Il convient également de faire preuve d’une vigilance permanente, d’éviter les manifestations et rassemblements, de suivre la couverture médiatique et de s’informer sur les développements actuels"

Les Belges présents peuvent se signaler: +226.25.31.21.64/65 ou online via le portail www.travellersonline.diplomatie.be .

Vous comptiez partir? "Il est demandé aux Belges qui veulent se rendre au Burkina Faso de reporter leur projet de voyage en ce moment", conseillent  les Affaires Etrangères.

©EPA

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