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Coup d'État au Soudan, l'armée tire sur les manifestants

Le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, que l'on voit ici en septembre 2019, est détenu "dans un lieu non identifié". ©REUTERS

Le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a été arrêté par des militaires ce lundi. À Khartoum, l'armée a tiré sur les manifestants opposés à ce coup d'État.

Des hommes armés non identifiés ont arrêté, tôt ce lundi, plusieurs dirigeants soudanais à leurs domiciles, dont le Premier ministre Abdallah Hamdok. Selon le ministère de l'Information, ce dernier est détenu "dans un lieu non identifié" pour avoir refusé de soutenir un "coup d'État".

La semaine dernière, des dizaines de milliers de Soudanais ont défilé dans plusieurs villes pour soutenir le transfert complet du pouvoir aux civils.

L'internet a été coupé dans tout le pays, tandis que des citoyens se rassemblaient dans les rues pour protester contre ces arrestations. Selon le ministère de l'Information, les forces armées tirent "à balles réelles" sur les manifestants à Khartoum. Au moins trois manifestants ont été tués et 80 autres ont été blessés par des tirs de l'armée à Khartoum, a indiqué lundi un syndicat de médecins pro-démocratie.

Ces événements interviennent deux jours seulement après qu'une faction soudanaise appelant à un transfert du pouvoir vers un régime civil a mis en garde contre un "coup d'État rampant", lors d'une conférence de presse qu'une foule de personnes non identifiées avait cherché à empêcher.

Washington suspend son aide

La communauté internationale a rapidement condamné la prise de pouvoir par l'armée soudanaise. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a dénoncé "le coup d'État militaire en cours" et réclamé la libération "immédiate" d'Abdallah Hamdok.

700
millions de dollars
Les États-Unis ont annoncé suspendre leur aide de 700 millions de dollars destinée à soutenir la transition démocratique au Soudan.

La Ligue arabe a pour sa part exhorté au dialogue, faisant part de sa "profonde préoccupation" et appelant "toutes les parties à respecter" l'accord de partage du pouvoir de transition, établi en 2019 après le renversement de l'autocrate Omar el-Béchir.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, demandant à la communauté internationale de "remettre la transition soudanaise sur les rails". Washington a pour sa part annoncé suspendre son aide de 700 millions de dollars destinée à soutenir la transition démocratique au Soudan.

Seule voix discordante dans ce concert de condamnations, la Russie a critiqué "les autorités de transition et leurs parrains étrangers", voyant dans ce putsch "le résultat logique d'une politique ratée qui a été menée ces deux dernières années".

Transition précaire

Depuis août 2019, le Soudan est dirigé par une administration composée de civils et de militaires chargés de superviser la transition vers un régime entièrement civil. Mais cette transition précaire était entachée de divisions politiques et de luttes de pouvoir.

Les tensions entre les deux parties ne datent pas d'hier, mais les divisions se sont exacerbées après le coup d'État manqué du 21 septembre. La semaine dernière, des dizaines de milliers de Soudanais ont défilé dans plusieurs villes pour soutenir le transfert complet du pouvoir aux civils, et pour contrer un sit-in rival de plusieurs jours devant le palais présidentiel dans la capitale Khartoum. Les manifestants y exigeaient un retour au "régime militaire".

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