Egypte: l'attentat contre des touristes menace l'économie

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Le groupe terroriste Ansar Beït al-Maqdess a revendiqué l'attentat contre des touristes survenu ce dimanche. Ce premier attentat depuis que l'armée a destitué le président Morsi risque de pousser un peu plus l'économie de l'Egypte vers le gouffre.

Une bombe visant un autobus de pèlerins chrétiens sud-coréens a fait quatre morts dimanche dans le Sinaï, dans le premier attentat contre des étrangers en Egypte depuis que l'armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi.

Cette attaque de dimanche revendiqué par le groupe terroriste Ansar Beït al-Maqdess risque de pousser un peu plus l'économie de l'Egypte vers le gouffre, le pays des pyramides et des célèbres spots de plongée de la mer Rouge étant déserté par les touristes depuis la révolte populaire de 2011 qui a chassé le président Hosni Moubarak du pouvoir.

Aucun attentat n'avait plus visé des étrangers en Egypte depuis février 2009, quand une Française avait été tuée par l'explosion d'une grenade en bordure du souk de Khan el-Khalili, au coeur du Caire historique. Il s'agissait alors de la première attaque terroriste contre des Occidentaux en Egypte depuis 2006.

Entre 2004 et 2006, nombre d'Egyptiens et de touristes étrangers avaient péri dans des attentats dans les stations balnéaires du Sinaï. Et en 1997, des insurgés islamistes avaient tué 58 étrangers à Louxor (sud).

La sécurité s'est considérablement dégradée en Egypte depuis que le général Abdel Fattah al-Sissi, chef de la toute-puissante armée, a destitué le premier président démocratiquement élu du pays. Depuis plus de sept mois, le pouvoir dirigé de facto par le nouvel homme fort de l'Egypte réprime dans un bain de sang toute manifestation des partisans de Morsi.

Plus de 1.400 personnes, des manifestants islamistes pour la plupart, ont ainsi été tuées par la police ou l'armée, selon Amnesty international, dont la moitié au cours de la seule journée du 14 août au Caire.

Depuis le 3 juillet également, les attentats et attaques visant la police et l'armée se sont multipliés surtout au Caire. La plupart ont été revendiqués par Ansar Beït al-Maqdess, mais le gouvernement accuse les Frères musulmans, la confrérie de Morsi, de les avoir commandités ou organisés.

Plusieurs milliers de membres de cette organisation désormais déclarée "terroriste" ont été arrêtés, dont la quasi-totalité de leurs dirigeants. Ils encourent, à l'instar de Morsi en personne, la peine de mort dans divers procès.

Morsi a d'ailleurs comparu dimanche à l'ouverture du troisième procès , pour "espionnage",sur les quatre qui lui sont intentés. A la barre, il a dénoncé une "farce" de la part du régime issu selon lui d'un "coup d'Etat militaire".

Promu récemment maréchal, Abdel Fattah al-Sissi ne cache plus ses intentions de se présenter à l'élection présidentielle prévue pour 2014, qu'il est assuré de remporter compte tenu de sa popularité et de l'absence d'autres candidats pouvant sérieusement le défier.

 

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