En Algérie, Bouteflika va démissionner dans le courant du mois

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Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a nommé dimanche un nouveau gouvernement censé apaiser la contestation inédite auquel il fait face depuis plus d'un mois et dont disparaissent comme promis la plupart des piliers. L'homme au pouvoir depuis 20 ans va démissionner avant le 28 avril.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, va démissionner avant l'expiration de son mandat, le 28 avril, en vertu de l'article 102 de la Constitution, après plus d'un mois de manifestations régulières pour demander son départ. C'est ce qu'a rapporté ce lundi en fin de journée l'agence algérienne de presse, APS, citant un communiqué de la présidence.

•  L'article 102 de la Constitution prévoit que "lorsque le président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l'unanimité, au Parlement de déclarer l'état d'empêchement".

En cas de démission ou de décès du président, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et constate la vacance définitive de la présidence de la République.  

Avant de quitter ses fonctions, le chef de l'Etat prendra "d'importantes décisions", visant à "permettre d'assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l'Etat durant la période de transition qui s'ouvrira à la date à laquelle il décidera sa démission", lit-on dans le communiqué.

Un nouveau gouvernement

Dimanche, Abdelaziz Bouteflika a nommé un nouveau gouvernement qui sera conduit par Noureddine Bedoui. Au pouvoir depuis 20 ans, le président est confronté à une contestation massive et inédite, réclamant son départ et celui de son entourage et plus largement celui du "système" au pouvoir.

Après avoir renoncé à briguer un 5e mandat, une perspective qui a fait descendre des millions d'Algériens dans la rue, Bouteflika avait reporté la présidentielle prévue le 18 avril et proposé de remettre ses pouvoir à un successeur élu à l'issue d'une Conférence nationale censée réformer le pays et élaborer une nouvelle Constitution. Une option qui impliquait qu'il reste au pouvoir au-delà de l'expiration de son mandat et jusqu'à une date indéterminée, catégoriquement rejetée par les manifestants dont la mobilisation n'a pas faibli ces dernières semaines.

Bouteflika s'est retrouvé très isolé ces derniers jours après que le chef d'état-major de l'armée, le puissant général Ahmed Gaïd Salah, un indéfectible allié, eut affirmé que son départ du pouvoir était la solution à la crise, position à laquelle se sont ralliés rapidement l'essentiel des piliers de son régime.

Selon la Constitution, une fois sa démission actée, c'est le président du Conseil de la Nation, la chambre haute du Parlement, Abdelkader Bensalah, 77 ans, qui assurera l'intérim durant une période maximale de 90 jours au cours de laquelle une présidentielle est organisée.

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