Explosion meurtrière à l'est du Congo

Au moins 230 personnes, dont une soixantaine d’enfants, ont péri et plusieurs dizaines ont été brûlées vendredi soir à la suite de l’explosion d’un camion-citerne rempli d’essence, qui a mis le feu à un village, dans l’est de la République démocratique du Congo.

L'explosion d'un camion-citerne accidenté rempli d'essence vendredi soir à Sange, un village de l'est de la RD Congo, a tué "plus de 230 personnes", selon un nouveau bilan fourni samedi à l'AFP par le gouverneur de la province du Sud-Kivu. Un précédent bilan de la Croix-Rouge congolaise faisait état de 220 mort et 214 blessés.

Le Premier ministre Yves Leterme a adressé samedi un télégramme de condoléances à son homologue congolais Adolphe Muzito. L'avion de transport C-130 "Hercules" volant au profit de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC) n'avait, jusqu'à samedi midi, néanmoins pas été engagé dans les opérations de secours.

Un C-130 belge est affecté depuis juillet 2009 à la Mission de l'ONU en RDC (MONUC), devenue le 1er juillet la Mission de l'ONU pour la stabilisation du Congo (MONUSCO). Il dessert les cantonnements onusiens dispersés sur l'ensemble de l'immense territoire congolais et assure l'acheminement de passagers. Un porte-parole militaire a par ailleurs indiqué qu'aucun des quelques Belges affectés à la MONUSCO - ils sont tous basés dans la capitale, à l'exception de l'un d'entre eux, déployé à Goma, au Nord-Kivu - n'avait été concerné par l'explosion.

"Une grande foule était rassemblée pour regarder le match Brésil/Pays-Bas qui venait de finir et attendait la rencontre Ghana/Uruguay", raconte Tondo Sahizira, 28 ans, enseignant dans cette localité de quelque 50.000 habitants. "Un camion-citerne est alors arrivé sur la route traversant le village et s'est renversé sur le bas-côté. Le chauffeur blessé a pu sortir de la cabine et a dit aux gens de s'éloigner parce qu'il y avait un risque d'explosion", ajoute-t-il. "De l'essence commençait à sortir du camion, mais les gens, au lieu de fuir, sont venus récupérer le carburant. Quelques minutes après, il y a eu une explosion, du feu est sorti du camion et s'est propagé autour très rapidement. Des gens ont brûlé sur le champ. D'autres qui voulaient fuir ont été rattrapés par le feu et réduits en cendres", détaille l'enseignant.

"Quand nous sommes arrivés à Sange (samedi) vers midi, nous étions à 230 morts. En notre présence, il y a eu trois autres corps qui ont été ajoutés. Donc nous sommes à plus de 230 morts et 105 blessés", a affirmé Marcellin Cishambo, joint au téléphone depuis Kinshasa. "Une partie des blessés a été acheminée à l'hôpital d'Uvira", situé à 35 km au sud de Sange, a-t-il ajouté, et d'autres ont été transféré vers celui de Bukavu, le chef-lieu du Sud-Kivu, à environ 70 au nord de Sange, a-t-il ajouté.

Les secours "ont été organisés par les membres du service médical de Sange, de l'armée (congolaise) et du contingent médical pakistanais" de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), basé à Sange, a précisé le gouverneur.

"Les morts étaient en majorité des téléspectateurs qui suivaient le match de la coupe du Monde entre le Brésil et la Hollande dans une salle de cinéma. Personne n'est sorti vivant de cette salle", a détaillé l'élu.

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