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Jean-Pierre Bemba candidat à la succession de Joseph Kabila

©REUTERS

L’opposant Jean-Pierre Bemba a déposé ce jeudi après midi sa candidature à l'élection présidentielle en RDC. Vendredi, c'est au tour de Moïse Katumbi de faire son retour en RDC.

Un jour après son arrivée sur le sol congolais, Jean-Pierre Bemba a déposé sa candidature pour l’élection présidentielle du 23 décembre. Le patron du Mouvement de Libération du Congo, rentré au pays après onze ans d’exil, s’est présenté jeudi après-midi dans les locaux de la Commission électorale indépendante (Ceni). Il était encadré d’une solide escorte policière et de membres du MLC.

L’ancien vice-président de la RDC n’est pas pour autant assuré que sa candidature soit jugée recevable. La majorité gouvernementale remet en cause son éligibilité en raison d’une condamnation pour "subornation de témoin" dans le cadre de l’affaire de crime contre l’humanité devant la Cour pénale internationale (CPI).

Pour rappel, M. Bemba a été condamné par la CPI en juin 2016 à une peine de 18 ans de prison pour des exactions commises par sa milice en Centrafrique en 2002-2003. Il a été acquitté en juin dernier, ce qui lui permet de rentrer en RDC pour se porter candidat. Ces accusations lui ont valu de passer dix ans dans les prisons de la CPI à La Haye.

Un retour triomphal

L’ancien chef de guerre congolais est rentré sous les acclamations de centaines de milliers de partisans qui l’attendaient à l’aéroport et dans les rues de la capitale.

Son entrée à Kinshasa fut triomphale, certains habitants arrachant des branches d’arbres pour les brandir au passage du cortège. "Vous étiez des milliers à m’avoir réservé un accueil chaleureux. Merci de tout cœur", a-t-il écrit sur Twitter.

Dans la foule, des cris invitaient le président Joseph Kabila à se retirer. Le chef de l’État n’est plus autorisé à se présenter pour un nouveau mandat présidentiel.

Ce retour, mouvementé, a donné lieu à des interventions musclées de la police.

Une nuit à la belle étoile

©AFP

Le pouvoir ne lui a pas facilité la tâche. Jean-Pierre Bemba souhaitait rentrer mercredi soir dans sa maison familiale à Kinshasa, mais il n’y a pas été autorisé. Le bâtiment se trouve dans le quartier résidentiel de Gombe, où vit le président Joseph Kabila. Craignant un dérapage, les autorités ont barré la route menant au site présidentiel.

"Le candidat a passé sa première nuit à la belle étoile, avec sa famille", dit une source à Kinshasa. Dans ce bras de fer, le candidat du MLC compte faire valoir son droit de libre circulation. Il est prévu qu’il se rende samedi dans son fief familial de Gemena (nord ouest) où est enterré son père, mort durant son emprisonnement.

Katumbi, le retour

Jean-Pierre Bemba a reçu le soutien de l’opposant en exil Moïse Katumbi, qui compte lui aussi déposer sa candidature à l’élection présidentielle. "Bon retour à JP Bemba (…) À très bientôt en RDC pour participer à une élection vraiment inclusive!", écrit l’ancien gouverneur du Katanga sur son compte Twitter.

Moïse Katumbi doit rentrer ce vendredi en RDC. Il est prévu que son avion atterrisse à Lubumbashi.

Sa condamnation à trois ans de prisons par la justice congolaise dans le cadre d’une obscure affaire immobilière hypothèque sa candidature à la présidentielle.

Sera-t-il arrêté à son arrivée, comme le craignent ses proches? Certains d’entre eux ont rencontré jeudi la cheffe de mission de l’ONU en RDC (Monusco), Leila Zerrougui, pour la sensibiliser aux "risques sécuritaires" lié à ce retour, rapporte l’AFP. Mais pour elle, la protection des personnalités ne fait pas partie des missions de la Monusco.

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