Jour d'élections au Congo, des débuts hésitants

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Quarante millions d'électeurs sont appelés à désigner le successeur de Joseph Kabila, au pouvoir depuis l'assassinat de son père, en 2001, auquel la Constitution interdit de briguer un troisième mandat consécutif. Le scrutin, lourd de menaces après les violences ethniques qui ont éclaté récemment, pourrait donner lieu à la première alternance démocratique de l'histoire de la RDC.

L'élection présidentielle attendue de longue date en République démocratique du Congo (RDC) a connu dimanche des débuts hésitants en raison des pluies torrentielles qui se sont abattues sur la capitale et de retards dans l'ouverture de certains bureaux vote dans l'Est "La plupart des électeurs sont tendus. Certains ne savent même pas comment utiliser les machines à voter", a déploré Mvita Dido, interrogé dans une file d'attente à Goma, où certains bureaux de vote étaient toujours fermés une heure et demie après l'ouverture du scrutin, prévue à 06h00.

"Ma seule préoccupation, c'est cette très forte pluie. Le vote pourrait durer plus longtemps, mais j'espère que le ciel se dégagera"
Joseph Kabila
L'actuel président
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A Kinshasa, où une violente tempête a éclaté dans la matinée, deux centres électoraux étaient privés d'électricité et autre est resté fermé faute de personnel. "Ma seule préoccupation, c'est cette très forte pluie. Le vote pourrait durer plus longtemps, mais j'espère que le ciel se dégagera", a déclaré Joseph Kabila, venu voter dans une école de la capitale. Malgré les reports à répétition, le scrutin, qui aurait dû avoir lieu en 2016, ne se déroule pas dans les meilleurs conditions, estiment les diplomates et les observateurs, qui craignent les mêmes violences que lors des élections de 2006 et 2011. L'effacement du chef de l'Etat sortant, qui n'exclut pas de se représenter en 2023, est certes un point positif, mais il pourrait continuer à tirer les ficelles en coulisse en cas de victoire de son dauphin, l'ancien ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary.

Ses adversaires doutent de l'équité de la présidentielle.

SHADARY TROISIÈME DANS LES INTENTIONS DE VOTE

De violentes manifestations ont éclaté cette semaine après l'annulation du scrutin dans trois fiefs de l'opposition, en raison de l'épidémie de fièvre Ebola et de violences ethniques dans le Nord-Ouest. A Béni, l'un des foyers de l'épidémie, des dizaines d'habitants décidés à voter se sont toutefois présentés dimanche et ont exprimé leur choix sur des feuilles volantes, rapporte un représentant local de la société civile.

Selon le dernier sondage publié vendredi par l'unité de recherches sur la RDC de l'Université de New York, l'opposant Martin Fayulu, ancien dirigeant d'Exxon Mobil, est en tête des intentions de vote avec 47%. Il devance Felix Tshisekedi, autre candidat de l'opposition, crédité de 24%. Emmanuel Ramazani Shadary arrive troisième avec 19%. Fayulu et Tshisekedi se sont tous deux dits convaincus de leur victoire, mais le candidat du pouvoir a bénéficié de multiples avantages, dont une couverture médiatique plus importante. Ses adversaires craignent notamment des manipulations du vote électronique. Les machines n'ont pour la plupart pas été testées et sont utilisées pour la première fois.

RESULTATS LE 6 JANVIER

La Commission électorale (Céni) a promis que les votes seraient imprimés et dépouillés à la main. En cas de contestation, de nouvelles violences pourraient éclater, en particulier dans l'Est où des dizaines de milices sont toujours actives. La clôture du scrutin a été fixée à 17h00, mais les électeurs arrivés avant pourront voter plus tard s'il y a des files d'attente. Corneille Nangaa, président de la Céni, a promis samedi que les résultats provisoires seraient annoncés au plus tard le 6 janvier.

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