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Kinshasa "choqué" par De Croo, ce "nouveau De Gucht"

La visite d’Alexander De Croo au Congo suscite la polémique. ©Photo News

C’est la crise entre Kinshasa et Bruxelles après des propos polémiques du ministre belge de la Coopération au développement, Alexander De Croo.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) et le ministre de la Coopération au développement Alexander de Croo (Open VLD) sont actuellement au Congo. Cette visite vire à la crise diplomatique entre Bruxelles et Kinshasa.

Flash-back. Samedi dernier, à peine débarqué dans la capitale congolaise, De Croo n’avait pas mâché ses mots pour condamner les penchants autoritaires du pouvoir congolais. "La situation face à laquelle nous nous trouvons, avec son lot d’arrestations, de justice arbitraire et d’interruption de l’internet mobile et du trafic des SMS n’est pas tolérable, a déclaré le ministre libéral. Nous ne pouvons pas accepter le statu quo."

Il faisait allusion aux violentes manifestations, durement réprimées, qui ont eu lieu au Congo du 19 au 21 janvier contre une révision de la loi électorale. Celle-ci aurait pu permettre au président congolais Joseph Kabila de rester en fonction au-delà de la fin de son mandat en 2016, alors que la Constitution lui interdit de briguer un troisième quinquennat.

Les heurts avaient fait de 27 à 40 morts, selon les sources. La disposition contestée a été abandonnée. Mais la nouvelle loi, adoptée le 25 janvier, lie cependant potentiellement la tenue des élections législatives — prévues le 27 novembre 2016, en même temps que la présidentielle —, aux résultats d’un recensement qui pourrait s’avérer très long.

La "sortie" de De Croo, approuvée par Didier Reynders, a été saluée unanimement par l’opposition congolaise. Felix Tshisekedi, le fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi et porte-parole du groupe parlementaire UDPS, a félicité De Croo. "C’est normal que de telles déclarations soient faites au sujet d’un régime qui prend la direction de la dictature", a-t-il lancé.

"Le nouveau De Gucht"

Mais certains, en Belgique, ont critiqué les propos peu diplomatiques du ministre. Et le gouvernement congolais est fâché. "Nous sommes choqués. Parce que nous avions cru avoir tourné cette page avec l’inénarrable M. (Karel) De Gucht (l’ancien ministre des Affaires étrangères, lui aussi libéral flamand, était connu pour ses critiques à répétition des dirigeants congolais au point de provoquer une grave crise entre Kinshasa et Bruxelles, NDRL). Et voilà un nouveau De Gucht qui se profile à l’horizon", a affirmé le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Olamanga, à la RTBF.

"Nous sommes un peu fatigués avec les donneurs de leçons, surtout lorsqu’ils viennent d’ailleurs. Nous avons l’impression d’être des personnes qui savent déjà courir et à qui un monsieur de passage essaie d’apprendre à marcher. C’est un peu de la malice que de profiter d’un voyage au Congo pour se valoriser auprès de je ne sais quel public en Belgique. Nous sommes fatigués de servir d’instrument de politique intérieure en Belgique", a encore dit M. Mende, qui est également ministre de l’Information et des Médias.

"Cela fait plus de cinquante ans que nous sommes devenus un État souverain à l’égard de la Belgique. M. De Croo n’a pas à venir ici comme un gouverneur général en inspection. C’est fini cette époque-là", a-t-il sèchement conclu.

Selon Mende, ce que M. De Croo a affirmé est "totalement faux".

Avec Belga

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