L'ANC pousse le président sud-africain Zuma à démissionner

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Le comité exécutif de l'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a demandé au président de la République Jacob Zuma de renoncer à ses fonctions. Décodage.

Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a décidé de "rappeler" le président Jacob Zuma, qui a jusqu'à présent refusé de démissionner malgré les injonctions de son parti, ont rapporté des médias locaux.

Quelle est la valeur de cette décision? La direction de l'ANC a le pouvoir de "rappeler" tous ses membres délégués à une fonction gouvernementale, comme elle l'avait fait en 2008 pour le président Thabo Mbeki, qui avait obtempéré et accepté de démissionner. Mais le chef de l'Etat n'est toutefois pas obligé d'accepter cette décision. Dans ce cas, l'ANC peut alors décider de présenter devant l'Assemblée nationale une motion de défiance. Ce texte peut être adopté à la majorité absolue et contraindrait Zuma à partir.

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Elu en décembre, le nouveau chef de l'ANC, Cyril Ramaphosa, essaie vainement depuis plusieurs semaines d'obtenir le départ anticipé du président, dont le deuxième mandat s'achève normalement à l'issue des élections générales prévues en 2019. Mais Zuma, empêtré dans de nombreux scandales de corruption, a jusque-là toujours refusé de se plier aux exigences de son parti.

La résistance du chef de l'Etat a plongé le pays dans une grave crise politique, qui s'est notamment manifestée par le report, la semaine dernière, du discours présidentiel annuel sur l'état de la nation, une première dans l'histoire de l'Afrique du Sud démocratique. Impatiente, l'opposition, qui demande depuis des années le départ de l'actuel président, est allée plus loin en exigeant lundi la dissolution du Parlement et la tenue d'élections anticipées.

L'autorité du président Zuma a commencé à vaciller depuis l'élection en décembre de Ramaphosa qui lui a succédé à la tête de l'ANC, au pouvoir en Afrique du Sud depuis l'avènement de la démocratie en 1994.

Pour l'actuel vice-président sud-africain, la mise à l'écart de Zuma est la condition incontournable pour redorer le blason du parti avant les élections générales de 2019.

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