nécrologie

L'ancien président tunisien Ben Ali (1936-2019)

Zine Ben Ali est décédé en Arabie saoudite, où il s'est exilé après son renversement en 2011, prélude au "Printemps arabe". Hospitalisé depuis une semaine, l'ex-chef d'Etat était âgé de 83 ans. Il avait dirigé la Tunisie pendant plus de 23 ans.

Maître tout-puissant de la Tunisie pendant deux décennies, symbole des régimes autoritaires arabes choyés par les Occidentaux, Zine El Abidine Ben Ali a été balayé par un soulèvement populaire à l'écho planétaire en 2011 et contraint à l'exil, avant de sombrer dans l'indifférence. 

Zine Ben Ali, 83 ans, est décédé ce jeudi à Jeddah, en Arabie saoudite, où il avait trouvé refuge après avoir été chassé par la rue le 14 janvier 2011, premier coup de tonnerre d'un "Printemps arabe" qui emportera également l'Egyptien Hosni Moubarak et le Libyen Mouammar Kadhafi au cours des mois suivants. 

Vingt-trois ans plus tôt, le 7 novembre 1987, c'est à la faveur d'un "coup d'Etat médical" contre le père de l'indépendance tunisienne Habib Bourguiba, autoproclamé président à vie, que Zine El Abidine Ben Ali accède au pouvoir. "Un acte de redressement, de salut national", argue-t-il à l'époque.  

Mort dans l'indifférence

Ben Ali, successivement général, patron de la sûreté nationale, ministre de l'Intérieur puis Premier ministre au moment du coup d'Etat, instaure rapidement un régime répressif. Plus tard, c'est également son entourage qui sera conspué pour corruption et népotisme. Car si dans la foulée du coup d'Etat ses partisans, et beaucoup de Tunisiens, le saluent comme "le sauveur" d'un pays à la dérive, la dictature s'enracine rapidement. 

Militaire de carrière formé en partie en France (Saint-Cyr) et aux Etats-Unis, "ZABA" (ses initiales), comme le surnomment ses opposants, s'appuie sur l'appareil policier pour étouffer toute contestation, surtout celle des islamistes, ainsi que pour museler la presse et les syndicats. Omniprésent dans la rue comme dans les médias avec ses portraits officiels qui le montrent souriant, les cheveux teints d'un noir de jais, il se targue d'améliorer le niveau de vie de ses compatriotes et d'avoir "fait de la Tunisie un pays moderne que bien des nations amies citaient en exemple".  

Ces dernières semaines, des rumeurs sur son état de santé avaient circulé. Mounir ben Salha, son avocat autoproclamé avait affirmé le 12 septembre qu'il se trouvait "dans un état critique". En Tunisie, où il a été plusieurs fois condamné par contumace à des peines de prison, l'homme a peu à peu sombré dans l'indifférence, même si face aux soubresauts de l'après-révolution certains se disent nostalgiques de la "sécurité" de façade qui prévalait sous son régime.

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