L'armée algérienne ouvre la voie à un départ de son président Bouteflika

Abdelaziz Bouteflika à gauche et Ahmed Gaid Salah à droite ©AFP

Le chef d'état-major de l'armée algérienne Ahmed Gaïd Salah propose que le président Abdelaziz Bouteflika, affaibli par la maladie et contesté par la rue, soit déclaré inapte à exercer le pouvoir en vertu de la Constitution ou qu'il démissionne.

Le chef d’état-major de l’armée algérienne a proposé ce mardi une sortie de crise, en demandant que le président Abdelaziz Bouteflika, affaibli par la maladie, soit déclaré inapte à exercer le pouvoir en vertu de la Constitution, ou qu’il démissionne, après un mois de contestation populaire.

Le général Ahmed Gaïd Salah a prôné le lancement de la procédure prévue par l’article 102 de la Constitution, applicable quand le président de la République "pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions" ou qu’il démissionne.

"Il devient nécessaire voire impératif d’adopter une solution pour sortir de la crise."
Ahmed gaïd salah
chef d’état-major de l’armée algérienne

Après cette prise de position surprise, la balle se trouve dans le camp de Bouteflika lui-même, s’il choisit de démissionner, ou dans celui du président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaiz, à qui il revient de lancer la procédure permettant de déclarer le chef de l’État inapte à exercer ses fonctions. Quelques klaxons ont accueilli la nouvelle à Alger.

Affaibli par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral qui depuis 2013 l’ont empêché de s’adresser de vive voix aux Algériens et ont rendu rares ses apparitions publiques, Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, est confronté depuis plus d’un mois à une contestation sans précédent depuis son élection à la tête de l’État en 1999.

"Il devient nécessaire, voire impératif, d’adopter une solution pour sortir de la crise", a déclaré le général Ahmed Gaïd Salah, un fidèle de Bouteflika qui l’a nommé à son poste en 2004. Il a prôné une solution répondant aux "revendications légitimes du peuple algérien", conforme à la Constitution et garantissant la "stabilité de l’État"

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