La psychose d'Ebola monte au Congo, MSF dénonce le climat d'insécurité

©AFP

Deux nouveaux cas d’Ebola ont été découverts à Goma, après le décès d’une deuxième victime. Pour MSF, les conflits permanents dans l’est du Congo sont une des causes de l’épidémie.

Le décès d’un deuxième malade d’Ebola dans la ville de Goma a donné l’alerte jeudi en RDC et dans les pays voisins, faisant crainde une extension de l’épidémie. La victime est un chercheur d’or de la province d’Ituri vivant dans un quartier pauvre de Goma.

Quelques heures plus tard, une troisième malade, la fille du défunt, était découverte. Selon ses proches, elle présenterait les symptômes de la maladie depuis plusieurs jours. Cette famille habite un quartier pauvre de Goma. En fin de journée, une quatrième personne vivant au Sud-Kivu, proche du chercheur d’or de Goma, mise en quarantaine, était elle aussi déclarée atteinte d’Ebola.

"Par peur de devoir traverser des zones de conflit, beaucoup attendent le tout dernier moment pour obtenir de l’aide médicale."
médecins sans frontières

Le Rwanda, pays voisin de la RDC, a fermé sa frontière à Goma jeudi matin, avant de la rouvrir en soirée. La Belgique a averti ses ressortissants en RDC des précautions à prendre, étant donné le risque élevé de transmission en raison des nombreux déplacements dans les zones touchées.

1.813 victimes

Goma, deuxième ville du Congo, avec plus de deux millions d’habitants, est le chef-lieu du Nord-Kivu. Avec une telle démographie, le risque de propagation est élevé. L’épidémie de fièvre hémorragique Ebola a tué 1.813 personnes depuis 2018. Jusqu’ici, elle était restée confinée à des zones reculées de l’Ituri et du Nord-Kivu. Plus de 700 malades ont fini par guérir.

Le taux de létalité du virus, élevé, est d’une personne sur deux ayant contracté la maladie. Il n’existe aucun traitement à ce jour, hormis un vaccin expérimental, le rVSV-ZEBOV, développé par Merck, dont l’efficacité contre la souche Ebola Zaïre a été prouvée.

Cette troisième victime alarme au plus haut point les autorités sanitaires. Après le premier cas découvert le 17 juillet à Goma, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait élevé l’épidémie d’Ebola au rang d’urgence sanitaire mondiale.

L’épidémie est susceptible de se propager dans un pays où les besoins élémentaires en eau courante, en énergie ne sont pas satisfaits.

Zone de conflit

L’un des pires vecteurs de la maladie est l’insécurité qui règne dans l’est du Congo. Cette partie du monde est en proie à un des conflits les plus meurtriers de la planète depuis une vingtaine d’années, avec plus de six millions de morts. Des milices terrorisent la région et ses habitants, provoquant le déplacement de la population et aggravant la précarité. Elles sont à la recherche de revenus tirés des mines d’or, de tungstène, de coltan et d’étain, les "minerais de sang".

Dans de telles conditions, les autorités sanitaires et les ONG, comme Médecins Sans Frontières (MSF), ont du mal à opérer. "Par peur de devoir traverser des zones de conflit, beaucoup attendent le tout dernier moment pour obtenir de l’aide médicale", dit MSF. les centres médicaux sont eux-mêmes la cible d’attaques. Résultat, un tiers des cas d’Ebola sont constatés post-mortem.

Pour MSF, "il est clair que la riposte n’a jusqu’à présent pas permis de contrôler cette épidémie et doit être adaptée d’urgence". L’ONG propose, entre autres, de mieux s’adapter aux attentes de la polulation et de regagner sa confiance.

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