La victoire de Tshisekedi contestée par l'Eglise en RDC

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L'Eglise congolaise déclare que son propre comptage des voix fait ressortir la victoire d'un autre candidat que Tshisekedi, dont elle ne précise toujours pas le nom, alors qu'on dénombre déjà des morts à la suite de manifestations contestant le résultat des présidentielles.

L'Église catholique de la République démocratique du Congo (RDC) affirme que ses observations recueillies dans les bureaux de vote lors de l'élection présidentielle du 30 décembre ne correspondent pas aux résultats officiels du scrutin proclamés par la Commission électorale nationale indépendante. "Nous prenons acte de la publication des résultats provisoires de l'élection présidentielle qui, pour la première fois dans l'histoire de notre pays ouvre la voie à l'alternance au sommet de l'Etat", a néanmoins estimé la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Elle affirme avoir déployé 40.000 observateurs au scrutin du 30 décembre.

La Ceni a déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi que l'opposant Félix Tshisekedi avait été élu à la présidence avec 38,57% des suffrages, un résultat aussitôt contesté par un autre candidat de l'opposition, Martin Fayulu.

L'Église déclare que son propre comptage des voix fait ressortir la victoire d'un autre candidat que Tshisekedi, dont elle ne précise pas le nom.

Liesse et violences dans les rues 

Pleurs de joie et gaz lacrymogènes: des scènes de liesse ont accueilli la proclamation de la victoire de Félix Tshisekedi, mais aussi des violences qui ont éclaté dans le camp de l'autre candidat d'opposition donné battu Martin Fayulu. 2 policiers et 2 civils ont été tués dans la région de Kikwit, un des fiefs du candidat Fayulu. Dix autres personnes ont été blessées, selon la police. Du côté de l'Union africaine, on a rappelé que toute contestation des résultats doit se faire "pacifiquement", craignant que la situation ne dégénère.  

À l'annonce des résultats, la France avait appelé à la "clarté". "Il semble bien que les résultats proclamés ne soient pas conformes aux résultats que l'on a pu constater ici ou là", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur la chaîne d'information CNEWS. "La conférence épiscopale du Congo a fait des vérifications, a annoncé des résultats qui étaient totalement différents", a-t-il ajouté.

Sur les ondes de la RTBF, Didier Reynders se montrait plus prudent. Le ministre des Affaires étrangères rappelle que "les élections ont été retardées de deux ans, beaucoup de candidats n'ont pas pu se présenter, des électeurs n'ont pas pu voter." "Ce que l'on veut surtout maintenant, c'est voir comment vont réagir les acteurs locaux et celles et ceux qui ont pu observer de près le processus de dépouillement. Mais nous avons un certain nombre de doutes que l'on doit vérifier et qui feront l'objet de débats dans les prochains jours au sein du conseil de sécurité."

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