Publicité

Le Kenya bombarde les Shebab de Somalie

©EPA

Le président kényan a affirmé que les combattants du groupe islamiste somalien Al Chabaab, responsable de l'attaque d'un campus universitaire qui a fait près de 150 morts à Garissa jeudi, ne réussiront pas à instaurer un califat au Kenya. Ce lundi, l'aviation kényane bombarde des camps des Shebab en Somalie.

Des avions kényans ont bombardé dimanche deux camps des Shebab, les islamistes somaliens qui ont revendiqué le massacre du campus universitaire de Garissa, dans l'est du Kenya, où 148 personnes ont été assassinées la semaine dernière, selon une source militaire.

Ces raids aériens visent la région de Gedo, en Somalie, qui jouxte l'extrémité nord-est du Kenya.

Ils constituent la première riposte militaire d'envergure à la tuerie de jeudi à Garissa, située à 200 km de la frontière somalienne.

"Nous avons visé ces deux secteurs parce que selon nos informations, les membres (des Shebab) viennent de là pour attaquer le Kenya", a dit cette source militaire.

La couverture nuageuse sur la région n'a pas permis d'établir avec précision si ces raids avaient fait des victimes parmi les islamistes armés.

"Nous avons bombardé deux camps shebab dans la région (méridionale) de Gedo", frontalière du Kenya, a déclaré le colonel David Obonyo. "Les deux cibles ont été touchées" et "les deux camps ont été détruits", a-t-il assuré, sans pouvoir donner de bilan plus précis. 

Il a précisé que la destruction de ces deux cibles était déjà prévue avant l'attaque de l'université de Garissa par un commando islamiste, revendiquée par les shebab. Le bombardement entre dans le cadre "de l'engagement permanent contre les shebab, qui va se poursuivre", a expliqué le colonel Obonyo.

Les Shebab, qui disent avoir perpétré la tuerie de Garissa pour punir le Kenya de sa présence militaire en Somalie au sein de la force africaine AMISOM, ont proféré de nouvelles menaces au cours du week-end, promettant de "nouveaux bains de sang" dans les villes du pays.  Ils ont menacé samedi le Kenya d'une "longue, épouvantable guerre".

Le président kényan Uhuru Kenyatta avait répondu que les combattants du groupe islamiste somalien Al Chabaab, responsable de l'attaque d'un campus universitaire qui a fait près de 150 morts à Garissa jeudi, ne réussiraient pas à instaurer un califat au Kenya.

Nairobi mène depuis fin 2011 une intervention militaire dans le sud de la Somalie pour combattre les Shebab, et ces derniers ont encore menacé samedi le Kenya d'une "longue, épouvantable guerre".

 

• Un des assaillant était le fils d'un responsable gouvernemental kényan

Les autorités kényanes ont annoncé avoir identifié l'un des quatre assaillants dont les corps ont été retrouvés à l'issue des 16 heures de siège: il s'agit d'un jeune Kényan d'ethnie somali, diplômé en droit et apparemment promis à un brillant avenir.

©EPA

"L'un des quatre shebab qui ont attaqué l'université de Garissa (...) a été identifié comme Abdirahim Abdullahi", originaire de la région de Mandera, située dans l'extrême nord-est du Kenya, frontalière de la Somalie, selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mwenda Njoka.

"Abdullahi était diplômé de la faculté de droit de Nairobi et décrit par quelqu'un qui le connaît bien comme un futur brillant juriste", a-t-il ajouté. Son père, un responsable local d'une circonscription du comté de Mandera, "avait signalé aux autorités que son fils avait disparu et qu'il soupçonnait le garçon de s'être rendu en Somalie", a poursuivi Njoka. Selon un proche, Abdullahi avait disparu depuis 2013.

Les autorités tentent toujours d'identifier les trois autres corps des assaillants présumés et, à la morgue de Nairobi ou auprès de la Croix-Rouge, des centaines de Kényans dans l'angoisse cherchaient toujours à savoir ce qui était arrivé à leurs proches.

La presse locale a critiqué dimanche la lenteur de la réaction des autorités au moment de l'attaque, les forces spéciales ayant mis au moins sept heures jeudi pour se déployer face au commando d'islamistes somaliens.

"Il s'agit d'une négligence qui frise l'acte criminel", affirme un éditorial du grand quotidien kényan Nation, rappelant que les "hommes armés qui ont tué des dizaines d'étudiants avec un plaisir évident ont pris tout leur temps".

La majorité chrétienne du Kenya a fêté Pâques, endeuillée par le massacre d'étudiants de l'université de Garissa commis par un commando islamiste, alors qu'un des assaillants a été identifié comme un jeune Kényan somali. ©REUTERS
Cette dame a fait un malaise suite à l'annonce du massacre. Elle est assistée par la Croix Rouge. ©REUTERS
Aucune cérémonie officielle de deuil n'a été organisée, mais les chrétiens se sont rassemblés dans les églises pour la traditionnelle messe pascale, pour des prières largement consacrées aux victimes de Garissa. ©REUTERS
Au stade Nyayo de Nairobi, les bénévoles ont installés des tentes pour accueillir les familles des étudiants de Garissa. ©AFP
Une poignée de pères ou de frères cherchent toujours une trace des leurs, ne figurant ni sur la liste des survivants, ni parmi les corps entreposés à la morgue de Nairobi. ©AFP

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés