Le pétrole libyen de retour dans un contexte de surabondance

Un pompier libyen, pendant les incendies qui ont touché l'installation pétrolière de Ras Lanouf en janvier dernier. ©AFP

Peu à peu libérée du joug de l'Etat Islamique, l'activité pétrolière libyenne se prépare à redémarrer. Le gouvernement reconnu par la communauté internationale souhaite voir la production remonter à 900.000 barils par jour d'ici la fin de l'année.

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La Libye est le premier pays africain en termes de réserves de pétrole prouvées. Néanmoins, l'absence de stabilité que connait le pays depuis la fin de l'ère Kadhafi a fortement handicapé l'exploitation de ces réserves.

Alors que les forces loyalistes au Gouvernement d'union national libyen (GNA, reconnu par la communauté internationale)  gagnent du terrain sur les combattants de l'Etat Islamique dans la région dite du "croissant pétrolier", la compagnie nationale libyenne de pétrole, la National Oil Corporation (NOC), a annoncé qu'elle s'apprêtait à reprendre les exportations de brutLes deux principaux terminaux du pays, basés à Ras Lanouf et à al-Sedra, étaient à l'arrêt depuis janvier 2016 à cause d'incendies provoqués par des attaques de l'EI.

"Nous allons commencer les travaux pour la reprise des exportations depuis les ports qui étaient fermés et des champs pétroliers qui les approvisionnent", a annoncé la NOC dans un communiqué. Cette volonté fait suite à celle exprimée la semaine dernière par la Garde des installations pétrolières de rouvrir les deux principaux terminaux du pays, de réhabiliter les installations endommagées et de faire progressivement revenir la main d'oeuvre.

Frappes américaines sur Syrte

Dans un même temps, le gouvernement d'union nationale a affirmé que les Etats-Unis avaient mené des frappes aériennes visant les combattants de l'EI retranchés dans la ville côtière de Syrte, en précisant que ces frappes avaient provoqué de "lourdes pertes" dans les rangs de l'organisation. Le Pentagone a très vite confirmé ces informations, en affirmant avoir agi à la demande du gouvernement libyen.

Avec la reprise des activités à Ras Lanouf et à al-Sedra, dont la capacité cumulée avoisine les 700.000 barils par jours, le gouvernement d'union national souhaiterait voir la production de pays s'établir à 900.000 barils par jour d'ici la fin 2016.  

Membre de l'OPEP, la Libye représente actuellement 1,64% de la production de brut au sein de l'organisation. Bien que le pays soit assis sur les premières réserves de pétrole du continent africain (estimées à 48 milliards de barils), sa production ne s'est jamais remise de la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011. D'un million et demi de barils de brut par jour à l'époque du colonel, celle-ci n'atteignait plus que 320.000 barils en juin dernier.

Cruciaux pour l'économie du pays, les produits pétroliers représentaient plus de 90% des exportations du pays dans les dernières années du régime et restent la première source de revenus de la Libye. La reprise des exportations se fera en tout cas dans un contexte défavorable, avec un baril avoisinant les 42 dollars.

L'enjeu pétrolier libyen reste éminemment soumis aux luttes politiques internes, alors que la NOC s'est scindée en deux branches rivales: la frange principale soutient le gouvernement d'union nationale reconnu par l'ONU, tandis que l'autre branche de l'organisation s'est rangée derrière le gouvernement parallèle, qui bénéficie de la confiance du Parlement et qui refuse de reconnaître le GNA.

Chute du pétrole

Les cours du pétrole cèdent ce lundi autour de 3% sous l'effet conjugué de l'annonce d'une production record des pays de l'Opep le mois dernier et d'une augmentation des nouveaux forages aux Etats-Unis.

La production des membres de l'Opep a atteint en juillet son plus haut niveau dans l'histoire récente du cartel, en raison notamment d'une hausse de la production de l'Irak et des exportations du Nigeria, montre une enquête Reuters.

Sur ce même mois de juillet, 44 nouveaux forages ont été recensés aux Etats-Unis, soit la plus forte progression mensuelle depuis avril 2014, selon les données de la compagnie de services pétroliers Baker Hughes.

En conséquence, les prix du Brent de mer du Nord perdent 3,4% à 42,05 dollars le baril vers 16h40 (GMT).

Les deux cours de référence, qui ont abandonné autour de 15% le mois dernier, souffrent d'une production surabondante dans un contexte de faible demande.

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