Le président burundais serait rentré au pays

Le général major Godefroid Niyombare a fomenté un coup d'Etat, dont l'aboutissement reste flou. ©REUTERS

Le président Pierre Nkurunziza est rentré au Burundi, a annoncé jeudi la présidence, quelques heures après une déclaration du chef de l'armée faisant état de 'échec du coup d'Etat fomenté la veille par un général rebelle.

"Le président Nkurunziza est de retour au Burundi après la tentative de coup d'Etat. Il félicite l'armée, la police et le peuple burundais", dit un texto envoyé par la présidence.

Le général Prime Niyongabo, chef d'état-major de l'armée, avait annoncé plus tôt dans la journée que les forces loyalistes avaient repris le contrôle de la situation dans le pays après le coup de force fomenté alors que le chef de l'Etat se trouvait en déplacement en Tanzanie.


Cette déclaration, qui intervient à un moment clé de la tentative de putsch et qu'aucun élément concert ne vient étayer, n'a pas pu être confirmée de source indépendante. Mais si elle était avérée, cela signalerait une position de force des loyalistes.

Vingt-quatre heures après l'annonce de la destitution de Pierre Nkurunziza par le général Godefroid Niyombare, ex-patron des services de renseignements, il restait impossible de dire qui détenait le pouvoir à Bujumbura, chaque camp revendiquant le contrôle de positions stratégiques.

LA TENSION RESTE VIVE

La tension est restée vive dans la journée de jeudi à Bujumbura, où une fusillade a éclaté autour du bâtiment abritant la radio-télévision nationale (RTNB), dont les programmes ont brièvement été interrompus après une allocution de Pierre Nkurunziza dans laquelle il a condamné la tentative de coup d'Etat et promis que les soldats ayant participé au putsch seraient pardonnés en cas de reddition.

La radio publique burundaise a ensuite recommencé à émettre, diffusant un communiqué expliquant que le bâtiment restait aux mains des forces loyales à la présidence.

Le général putschiste Niyombaré avait annoncé mercredi soir que l'aéroport de la capitale Bujumbura était fermé, ainsi que les frontières du pays.

La tentative de coup d'Etat a été condamnée par l'Union africaine qui a appelé à un retour "de l'ordre constitutionnel".

Les Nations unies ont annoncé que plus de 70.000 personnes avaient fui vers des pays voisins pour échapper aux violences.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a dit suivre l'évolution de la situation "avec la plus grande attention" et que le Conseil de sécurité des Nations unies serait réuni jeudi pour évoquer le dossier.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a réitéré jeudi son appel à la fin des violences au Burundi, en proie à une tentative de coup d'État à l'issue incertaine, et à la reprise rapide du processus électoral. "Nous demandons à chacun de rester calme et de revenir à un processus électoral correct et inclusif, avec tout le monde à bord", a-t-il affirmé à quelques journalistes à son retour - un peu hâté par la crise burundaise - d'une réunion de l'Otan en Turquie.
M. Reynders a aussi appelé les quelque 770 ressortissants belges recensés au Burundi à faire preuve de prudence et d'éviter de sortir de chez eux. L'ambassade de Belgique à Bujumbura, dont le personnel s'est replié sur la chancellerie pour la nuit, sous la protection de militaires belges - dont les effectifs ont été récemment renforcés -, tente de maintenir le contact avec eux, a-t-il dit. "Jusqu'à présent, il n'y a pas de demande d'une évacuation" (des expatriés), a poursuivi le chef de la diplomatie belge, tout en soulignant que le gouvernement était prêt à "toutes les options".

 

©REUTERS

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