Le président sud-africain Jacob Zuma démissionne "immédiatement"

©REUTERS

Jacob Zuma, président sud-africain depuis 2009, très controversé et de plus en plus contesté dans son pays, a finalement choisi de démissionner "immédiatement". Il a exprimé sa décision lors d'une allocution télévisée.

Le très controversé président sud-africain Jacob Zuma, au pouvoir depuis 2009 et dont le mandat courrait jusque mi-2019, a annoncé ce mercredi soir sa démission "avec effet immédiat", se pliant aux ordres de son parti, le Congrès national africain (ANC). "J'ai décidé de démissionner du poste de président de la République avec effet immédiat, même si je suis en désaccord avec la direction de mon organisation", a déclaré Zuma lors d'une allocution retransmise en direct à la télévision.

"Je dois accepter que mon parti et mes compatriotes veulent me renvoyer", a-t-il ajouté, assurant avoir "toujours été un membre discipliné de l'ANC". Après des semaines de tractations et de réunions, le parti au pouvoir avait exigé mardi la démission du président Zuma, empêtré dans des scandales de corruption.

Cyril Ramaphosa, sur la droite de l'image, avec Jacob Zuma ©EPA

Faute d'une réponse de sa part, le parti avait décidé ce mercredi à la mi-journée de le forcer à quitter le pouvoir, en annonçant le vote dès jeudi d'une motion de défiance dont l'issue ne faisait aucun doute. "J'ai été contraint de démissionner en raison de la motion de défiance", a expliqué le président lors de son allocution.

Le pouvoir de Jacob Zuma a commencé à vaciller depuis l'élection en décembre à la tête de l'ANC du vice-président Cyril Ramaphosa, qui avait axé sa campagne sur la lutte contre la corruption. Ce dernier était déterminé à pousser au plus vite vers la sortie le président Zuma, devenu trop encombrant en vue des élections générales de 2019.

Conformément à la Constitution, Cyril Ramaphosa est devenu le président de la République par intérim dès la démission de Jacob Zuma. Le parlement doit encore, dans les trente jours, l'élire formellement à ce poste. L'élection devrait être organisée d'ici vendredi.

 

Les "amis" de Zuma perquisitionnés

Pour ne rien arranger dans l'imbroglio politique en cours, la police sud-africaine a effectué une perquisition ce mercredi au domicile des frères Gupta, trois riches hommes d'affaires et amis du président Zuma. L'opération a été réalisée dans le cadre d'une enquête pour détournement de fonds et trafic d'influence. Le siège de la holding de la famille Gupta, dont les multiples intérêts financiers s'étendent de la presse au secteur minier, a également été perquisitionné.

Les frères Gupta, d'origine indienne, sont accusés par l'autorité chargée de la lutte contre la corruption d'avoir mis à profit leur amitié avec Jacob Zuma pour s'enrichir frauduleusement. Ils démentent toutes les accusations.

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