Le Soudan replonge dans la violence

Les militaires qui gouvernent le Soudan depuis la chute du président Omar el-Béchir ont annulé les mesures sur lesquelles ils s'étaient mis d'accord avec les contestataires et ont appelé à des élections dans un délai de neuf mois. ©REUTERS

Au moins 35 morts. Le sit-in des opposants au régime de transition militaire a été dispersé dans le sang. De plus, l'armée annule ses accords passés avec les contestataires.

Que se passe-t-il au Soudan? Lundi, les militaires ont dispersé dans le sang le sit-in des manifestants installés devant le siège de l'armée. Bilan: 35 morts au moins.

  Les manifestants appelaient au départ les militaires à renverser le président Omar el-Béchir. Suite à l'éviction de celui-ci par l'armée le 11 avril, ils ont exigé un pouvoir civil et le départ des généraux.

Après la dispersion du sit-in, l'ALC (l'Alliance pour la liberté et le changement, fer de lance de la contestation) a annoncé interrompre "tout contact politique" avec le Conseil militaire. Elle a appelé à "la grève et la désobéissance civile totale et indéfinie" pour "renverser le régime."

Accords annulés

Ce mardi, le Conseil militaire de transition (CMT), au pouvoir, a annoncé l'annulation de tous les précédents accords conclus avec l'opposition et a appelé à organiser des élections anticipées dans un délai de neuf mois. Ils annulent donc les mesures sur lesquelles ils s'étaient mis d'accord avec les contestataires. Pourquoi?

Au départ, le Conseil s'était mis d'accord avec l'opposition pour une période de transition de trois ans avant la transmission du pouvoir à une administration civile. Les deux parties avaient également décidé que, pendant la période de transition, le parlement serait composé de 300 membres dont environ deux tiers proviendraient de l'ALC et le reste d'autres groupes politiques.

Mais, les relations entre les deux camps se sont tendues à la suite de l'échec, le 20 mai, des négociations en cours, chaque partie voulant diriger la transition. A noter que la dispersion du rassemblement a suscité de nombreuses condamnations internationales, notamment des Etats-Unis et de l'ONU. Le Royaume-Uni et l'Allemagne ont demandé une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette réunion, à huis clos, devrait se tenir ce mardi, selon des diplomates.

 

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